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Nick Hayek se montre optimiste pour 2017 après un début d'année marquée par une forte demande en Chine.

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(sda-ats)

Swatch Group aborde 2017 avec un optimisme mesuré. Le directeur général du groupe horloger, Nick Hayek, anticipe un taux de croissance du chiffre d'affaires en monnaies locales entre 7 et 10%, grâce aux signes positifs venant d'Asie, de la Chine en particulier.

La marche des affaires s'est améliorée en début d'année, a dit jeudi devant la presse à Bienne Nick Hayek, après un exercice 2016 difficile pour Swatch Group comme pour tout le secteur en Suisse. Les propos tombent à une semaine du salon horloger Baselworld et après deux ans de baisse continue des exportations horlogères helvétiques.

Envie de consommer

Swatch Group entend saisir toutes les opportunités pour se relancer, a ajouté Nick Hayek, qui s'exprimait dans le nouveau bâtiment de la manufacture Omega. La demande se révèle forte en Chine (avec une part de marché supérieure à 60%) et dans la région, après les deux premiers mois et demi de 2017.

La classe moyenne dans l'empire du Milieu a à nouveau envie de consommer. Et la propension des Chinois à acheter des montres se ressent jusqu'à Hong Kong, un débouché qui reprend des couleurs, même si l'époque dorée semble révolue.

Swatch Group voit aussi une amélioration au Moyen-Orient et dans certains pays européens, à commencer par le Royaume-Uni où la dévalorisation de la livre après le Brexit favorise toujours les ventes, a noté son patron. Le phénomène attire les touristes.

Pas d'électronique de loisir

Au moment des questions, le sujet de la montre connectée est revenu sur beaucoup de lèvres. Deux ans après l'effervescence du lancement de l'Apple Watch, Nick Hayek a rappelé tenir plus que jamais à sa ligne stratégique: "Swatch Group ne veut pas devenir un acteur du commerce de loisir".

Le groupe aux 18 marques continuera donc à proposer des produits dans ce domaine, mais en tout cas pas avec la fonction du téléphone. Nick Hayek mise toujours sur le savoir-faire dans la microtechnique, comme la fabrication de puces, et dans les batteries, une activité jugée plus importante que jamais.

"Nous comptons 4000 clients dans ces domaines", a-t-il clamé, citant notamment le fabricant vaudois de périphériques informatiques Logitech. Au-delà, le dirigeant a loué les vertus de la verticalisation d'un groupe comme Swatch, un aspect qui lui permet "de ne dépendre de personne".

Classe moyenne américaine

Malgré un bénéfice net en chute de près de moitié (-47%) à 593 millions de francs en 2016, Swatch Group n'a pas l'intention de lever le pied en matière d'investissements. Ces derniers devraient demeurer à 600 millions, a assuré le directeur des finances Thierry Kenel, à l'heure de présenter le détail de comptes publiés début février.

Interrogé sur les perspectives aux Etats-Unis avec la présidence de Donald Trump, Nick Hayek a répété que le fait de vouloir redonner du pouvoir d'achat à la classe moyenne ne pouvait que favoriser Swatch Group. Il n'a pas commenté davantage le contexte américain, mais a recouru à l'image du coureur de marathon pour symboliser les défis dans un secteur soumis aux cycles conjoncturels.

Swatch Group va par ailleurs continuer à soigner son réseau de distribution. L'horloger, numéro un mondial du secteur, a pour ambition d'ouvrir entre 100 et 120 boutiques cette année à travers le monde. Selon Nick Hayek, le groupe réalise 30% de ses ventes par l'entremise de ses propres magasins.

Rentabilité moindre oblige, les actionnaires se voient proposer un dividende en baisse au titre de l'exercice écoulé. Celui-ci recule de 75 centimes à 6,75 francs par action au porteur et de 15 centimes à 1,35 franc par action nominative.

Moins de chiffre d'affaires

Pour mémoire, Swatch Group a dégagé en 2016 un chiffre d'affaires en recul de 10,6% par rapport à l'année précédente à 7,55 milliards de francs. Sur le plan opérationnel, le résultat s'est contracté de 44,5% pour se fixer à 805 millions, avec une marge en recul de 6,5 points à 10,7%.

La dégradation de la rentabilité reflète en partie la volonté de Swatch Group de ne pas toucher à ses capacités de production. Outre un climat de consommation moins favorable, la performance a souffert de la répétition des attentats qui ont frappé la France, la Belgique, l'Allemagne et la Turquie.

ATS

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