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Nils Melzer va s'attaquer aux méthodes d'interrogatoires (archives).

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

"La torture est rampante dans la plupart, sinon toutes les parties du monde". Dans l'un de ses premiers discours comme rapporteur spécial de l'ONU sur cette question, le Suisse Nils Melzer a dit jeudi vouloir s'attaquer aux méthodes d'interrogatoires.

"Je n'ai pas l'impression que les choses se sont améliorées récemment", a-t-il dit au début d'une réunion de deux jours à l'occasion des 30 ans de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT). Il a dénoncé les discours officiels "violents" qui appellent à l'usage de la torture, sans viser quelqu'un en particulier.

Et de considérer la torture comme "la pire maladie qui n'ait jamais infecté l'humanité". M. Melzer a appelé à mettre un terme "à la culture de l'impunité" qui favorise les systèmes de torture. Rendant hommage à la collaboration entre les rapporteurs contre la torture et cette ONG, il a souligné l'importance de la "vigilance et la mobilisation sans retenue des acteurs de la société civile".

Leur rôle va constituer "un pilier de mon action" a dit le Suisse, entré en fonction il y a trois semaines. Il sera important pour évaluer la capacité et la volonté des gouvernements à prévenir la torture, apporter des compensations et une réhabilitation aux victimes et poursuivre les responsables. Mais également pour identifier les individus exposés aux risques ou à des cas de torture.

Migrants et acteurs non étatiques

M. Melzer souhaite parler avec l'ensemble des acteurs, des victimes aux avocats en passant par les médecins ou les activistes des droits de l'homme. Il veut aussi coopérer avec l'OMCT et d'autres institutions comme le Comité contre la torture.

Mais il attend aussi des ONG qu'elles relaient ses recommandations auprès de leurs gouvernements respectifs. Et qu'elles sensibilisent leur opinion publique.

Parmi ses priorités, M. Melzer veut réaffirmer le "caractère absolu" de l'interdiction de la torture et éventuellement la clarifier. Il va défendre la ratification de la Convention contre la torture et de son Protocole facultatif qui vient de fêter ses dix ans. Il souhaite aussi développer un Protocole sur les méthodes d'interrogatoires.

La torture et les autres traitements "cruels, inhumains et dégradants" ont toujours "des conséquences dévastatrices sur le long terme" pour les individus et la société, a affirmé M. Melzer qui a rendu visite par le passé à des milliers de détenus. Les méthodes coercitives d'interrogatoires provoquent souvent de faux aveux et de fausses accusations, selon lui.

Il souhaite aussi se pencher sur la torture contre les migrants et les requérants d'asile et sur celle pratiquée par les acteurs non étatiques. Il accuse les acteurs non étatiques d'être de plus en plus impliqués dans des violations des droits de l'homme. Les efforts ont été "quasiment entièrement" lancés auprès des Etats, relève encore M. Melzer.

sda-ats

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