La part des chercheuses dans les projets du Fonds national suisse (FNS) a constamment augmenté en dix ans pour atteindre 30%, selon la directrice de l'institution Angelika Kalt. Toutefois, les femmes sont encore trop rares dans l'enseignement tertiaire.

"L'étape de la carrière entre le doctorat et le professorat demande souvent d'accepter des conditions de travail difficiles: la pression d'être flexible, mobile et performant, les contrats de travail de durée courte, les hiérarchies prononcées", souligne-t-elle dans une interview publiée jeudi dans La Liberté et Le Courrier. Et d'ajouter que "cette phase coïncide souvent avec la fondation d'une famille".

La directrice du Fonds national de la recherche scientifique pointe aussi la brièveté des congés parentaux en Suisse et l'insuffisance de l'infrastructure parascolaire pour expliquer le manque de femmes dans l'enseignement universitaire et les hautes écoles. En plus, le climat de travail étant encore très masculin dans ces dernières, nombreuses sont celles qui abandonnent une carrière scientifique.

Des encouragements

Des lacunes qu'a voulu partiellement combler le FNS en lançant en 2017 son programme d'encouragement PRIMA pour les chercheuses au niveau postdoc, rappelle Mme Kalt. Celui-ci "a reçu une grande attention" de leur part, poursuit-elle. "A chaque mise au concours, environ 130 candidates ont postulé. Le budget suffit pour financer environ 20 subsides PRIMA par année."

La directrice du FNS indique par ailleurs dans cette interview que le nombre de demandes de financement par le FNS pour des projets de recherche est évalué à environ 6000 par année. Un peu moins de la moitié sont effectivement financés par l'institution. Selon ses estimations, environ un projet sur sept concerne les sujets de préservation de l'environnement ou des énergies renouvelables.

"Vaste réseau politique"

Mme Kalt a aussi été interrogée sur l'ex-conseiller national UDC Jürg Stahl, président depuis janvier du conseil de fondation du FNS après nomination par le conseiller fédéral Guy Parmelin. "Son vaste réseau politique lui sera utile pour faire comprendre et défendre l'importance de la recherche pour la Suisse", relève-t-elle.

Le conseil de fondation est l'organe de surveillance du FNS, qui travaille avec des fonds publics sur mandat de la Confédération. Angelika Kalt est directrice de l'institution depuis avril 2016, après en avoir été directrice suppléante dès 2009. Durant les neuf années précédentes, elle était professeure ordinaire de pétrologie et géodynamique à l'Université de Neuchâtel.

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