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La Chevrolet Bolt, reine du salon de Detroit 2017

KEYSTONE/AP/PAUL SANCYA

(sda-ats)

Mis sous pression par Donald Trump, les grands groupes automobiles ont montré patte blanche lundi au salon de Detroit. Craignant d'être pris en grippe par le président élu, ils y ont vanté leurs investissements aux Etats-Unis.

Parti en guerre contre les délocalisations, Donald Trump s'en était pris avant Detroit aux grands noms de l'automobile mondiale et son ombre plane sur la 29e édition de la grand-messe du secteur, qui s'est ouverte aux professionnels dans la grande ville du Michigan.

M. Trump veut contraindre les groupes automobiles présents sur le sol américain à freiner leurs délocalisations vers le Mexique où de nombreuses usines ont été ouvertes durant la dernière décennie grâce à l'accord de libre-échange (Aléna).

Face à la pression, l'industrie automobile allemande a tenu à souligner à Detroit qu'elle avait "quadruplé (sa) production aux Etats-Unis entre 2009 et 2016, de 214'000 à 850'000", selon Matthias Wissmann, le président de la fédération VDA, qui regroupe notamment Daimler, BMW et Volkswagen.

"Base industrielle"

"C'est un engagement clair envers les Etats-Unis en tant que base industrielle", a estimé M. Wissmann. Il a toutefois pris le contrepied de M. Trump en assurant qu'"il serait habile de ne pas remettre en question l'absence de taxes à l'importation au sein de l'Aléna".

S'il s'en est déjà pris aux groupes américains General Motors et Ford et au japonais Toyota, Donald Trump, élu sur la promesse de ramener des emplois industriels aux Etats-Unis, n'a pas encore attaqué un constructeur allemand.

Sur la sellette, Ford et Fiat-Chrysler ont, eux, déjà choisi de lui tendre la main, le premier en annulant un investissement de 1,6 milliard de dollars au Mexique et le second en rapatriant aux Etats-Unis la production d'un pick-up et en annonçant la création de 2000 emplois. Toyota a également annoncé un investissement de 10 milliards de dollars aux Etats-Unis dans les cinq prochaines années.

Enthousiasme partagé

"On y est enfin arrivé", s'est félicité lundi Donald Trump dans un tweet. "Merci Ford et Fiat !" "Je lui suis reconnaissant de cette réaction", a indiqué de son côté le PDG de Fiat-Chrysler, Sergio Marchionne, en soulignant qu'il serait "irresponsable" d'investir davantage au Mexique dans la situation actuelle. De son côté, le président du conseil d'administration de Ford, Bill Ford, a salué en M. Trump quelqu'un de "très accessible".

Le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a pour sa part estimé que les ambitions de M. Trump et les contraintes des constructeurs étaient "compatibles".

"Ce que nous entendons jusqu'ici de l'administration Trump, c'est 'l'Amérique d'abord, des emplois aux Etats-Unis'. Ce que vous entendez de notre part, c'est 'pas de risques liés aux changes' (...) ce qui veut dire construire aux Etats-Unis ce que nous vendons aux Etats-Unis", a-t-il démontré.

Berline 100% électrique

Le salon, qui ouvrira ses portes au public samedi, a débuté avec l'attribution du prix de la voiture de l'année à la Chevrolet Bolt, la nouvelle berline 100% électrique de General Motors.

Côté nouveautés, Ford a joué sur la nostalgie en ressuscitant deux de ses noms les plus mythiques: le petit pick-up Ranger et le 4x4 Bronco.

Toyota a présenté une énième édition de sa berline moyenne Camry, valeur sûre du marché depuis 20 ans mais dont la prééminence a été contestée par la montée en régime des pick-ups, SUV et autres 4x4 urbains, qui représentent aujourd'hui plus de 60% du marché américain.

ue

ATS