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Le directeur général André Schneider se veut ambitieux pour le deuxième aéroport de Suisse.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

Genève Aéroport annoncera début avril un chiffre d'affaires "positif" pour 2016, semblable à celui de 2015. Pour l'avenir, face à la hausse de passagers attendus d'ici à 2030, le site veut investir au plus près de ses objectifs stratégiques.

En 2015, le chiffre d'affaires avait atteint 423,7 millions de francs. Les revenus de la zone commerciale ne sont plus nécessairement au beau fixe. "On est sous pression, mais sans que cela n'ait eu un réel effet négatif" en 2016, estime dans un entretien à l'ats André Schneider, en poste depuis septembre dernier.

L'aéroport souhaite continuer à s'appuyer sur une structure équilibrée entre revenus aéronautiques, à un peu plus de 50%, et le reste, notamment les recettes commerciales. Les premières sont sous pression des compagnies, soucieuses de limiter leurs coûts. La seconde est confrontée aux habitudes de consommation de la nouvelle génération, tournée de plus en plus vers le commerce en ligne.

Pour s'adapter à la hausse de la fréquentation durant les week-ends d'hiver, l'aérogare va être étendue. "Certains travaux seront terminés dès l'hiver prochain". Les flux d'accès seront améliorés comme dans le plan d'urgence ces dernières semaines.

Pas plus de 20 minutes d'attente

La zone commerciale devrait par ailleurs être davantage repositionnée après les contrôles de sécurité. "On va tout faire pour que les attentes au-dessus de 20 minutes soient ponctuelles" et aussi absorbées "dans le calme", dit M. Schneider.

A plus long terme, le cabinet Intraplan mandaté par l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) prévoit 25 millions de passagers en 2030, contre 16,5 millions en 2015. Un nombre qui ne constitue pas un objectif, mais "une base de planification" à réévaluer chaque année, dit André Schneider.

"Nous avons pris du retard dans le développement des infrastructures ces cinq dernières années", surtout sur les aménagements sur 5 à 10 ans. La croissance annuelle de passagers actuelle, à 4,8%, est supérieure aux 3% estimés par Intraplan. Avec des conséquences pour les transports publics.

Mais M. Schneider retient davantage la croissance des mouvements à moins de 0,6%, alors qu'Intraplan les estimait à 1,6%. Elle devrait rester faible en 2017.

Voitures électriques

Cette "décorrélation" entre augmentation des passagers et des mouvements d'avions est prometteuse pour l'impact environnemental, l'une des priorités du directeur général. L'arrivée de nouveaux appareils plus grands, chez Swiss et easyJet notamment, permettra de limiter les hausses éventuelles d'émissions de gaz à effet de serre et les nuisances sonores.

"Il y a eu un malentendu" avec les riverains sur ce point, estime M. Schneider. Genève Aéroport a lui augmenté les taxes sur le bruit. Il a investi 51 millions de francs pour l'insonorisation de bâtiments et 93 millions supplémentaires seront injectés sur 13 ans. Parmi les autres mesures, il souhaite porter à 40% sa flotte de voitures hybrides et électriques d'ici à 2020.

Les enjeux sont également politiques, notamment l'utilisation de réserves foncières près de l'aéroport. Canton et Confédération négocient encore. "J'ai bon espoir qu'une solution satisfaisante pour les deux parties soit trouvée dans les prochains mois", dit André Schneider.

Centaines de millions de francs

Le plan sectoriel doit être adopté à l'automne. Pour préparer la nouvelle donne, un premier plan doit faire face à l'"urgence" d'ici à 2022. L'Aile-Est pour les gros-porteurs, bâtiment devisé à 450 millions de francs, doit être achevée d'ici à 2020. Les travaux du secteur Est constituent un investissement de 620 millions de francs.

La modernisation du tri des bagages et l'aménagement de l'aérogare doivent coûter 250 millions de francs. En revanche, le projet Cointrin Vision, qui devait rassembler 1 à 2 milliards d'investissements sur l'actuel terminal d'ici à 2030, a été enterré par M. Schneider.

"Il va renaître" sous une autre appellation et de manière plus pragmatique. Il sera soumis cet été au conseil d'administration. Par ailleurs, une étude examine actuellement la faisabilité d'un terminal côté français.

En termes de participation dans une plate-forme étrangère, rien n'est exclu. En cas d'opportunité, une discussion serait menée avec le canton. "Ma priorité va au développement de l'aéroport" de Genève, ajoute M. Schneider.

ATS