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La presse relève à l'unisson la défaite de l'UDC dimanche sur l'asile (archives).

KEYSTONE/DOMINIC FAVRE

(sda-ats)

La presse relève en choeur lundi la cinglante défaite de l'UDC sur l'asile, au lendemain du fort soutien des Suisses, à plus de 66%, à la réforme de la ministre socialiste Simonetta Sommaruga. Selon les journaux, les Suisses voulaient avant tout des solutions.

Le "oui" à la révision de la loi sur l'asile est non seulement une défaite, mais "un sérieux camouflet" pour l'UDC, qui avait lancé le référendum, estime Le Journal du Jura. Les électeurs ont refusé le "discours ambivalent et incohérent" du parti, qui passe son temps à dénoncer la lenteur de loi, alors que la révision instaure des procédures accélérées, remarque le quotidien.

Même son de cloche au Quotidien Jurassien, qui écrit, plus sobrement, que "l'UDC a perdu". Les Suisses "à l'unisson" voulaient des procédures plus rapides "ce qui impliquait également des dispositions pour encadrer le processus, notamment un appui juridique, afin qu'accélérer ne rime pas avec expédier ou exécuter", relève le journal.

La Liberté note pour sa part que l'UDC a été désavouée pour la deuxième fois consécutive sur l'immigration, "son sujet favori". Les citoyens ont dit "'Halte aux abus', en l'occurrence de mauvaise foi", affirme le journal fribourgeois, qui souligne que "le slogan souvent utilisé par l'UDC sur l'asile lui est revenu comme un boomerang". Le peuple veut "des solutions, pas seulement une stratégie d'obstruction", selon La Liberté.

"Le coeur n'y était pas"

La posture de l'UDC était d'autant plus difficile à tenir que le parti vient d'obtenir un deuxième siège au Conseil fédéral, remarquent 24 Heures et La Tribune de Genève. Il lui était impossible, "juste après avoir promis de tempérer son rôle dans l'opposition, de se montrer trop offensif", indiquent les quotidiens lémaniques, qui estiment que le large "oui" des Suisses "met fin à une campagne embarrassante pour l'ensemble de la classe politique".

Pour L'Express et L'Impartial, le parti du tribun zurichois Christoph Blocher, a été "incapable" de faire passer son message. "A cause de la propagande" du Conseil fédéral affirme la formation, "à cause de sa faiblesse", répondent les journaux neuchâtelois, pointant des arguments de l'UDC "bien anecdotiques face aux améliorations amenées par cette révision".

Relevant que l'UDC n'a pas, comme à son habitude, soumis la presse à d'"innombrables communiqués et de conférence de presse", Le Nouvelliste affirme, lui, que la formation "a fait comme si elle ne croyait pas vraiment à son propre combat". "Le coeur n'y était pas". Mais, s'inquiète le quotidien valaisan, malgré cette absence de campagne, 37,4% des Valaisans ont rejeté la réforme, soit largement plus que l'électorat du parti dans le canton. L'asile est "un phénomène qui provoque le rejet", alors qu'une nouvelle vague de migrants pourrait arriver en Europe ces prochains temps.

D'après Le Temps, l'argent a été l'argument le plus fort. Le quotidien lémanique note que la nouvelle loi permet de faire des économies. "Ce week-end, la guerre électorale a été remportée par ce qui en est le nerf", conclut-il, incluant dans son analyse l'initiative sur le revenu de base inconditionnel, l'initiative dite "vache à lait" et l'initiative en faveur du service public, toutes rejetées.

"Une défaite Grand Chelem"

La NZZ remarque que l'UDC a "bien mal calculé" son coup en lançant le référendum contre la révision. "Le résultat de la votation - 66,8% des électeurs et les 26 cantons ont approuvé la réforme - est pour l'UDC bien plus qu'un accident de travail. Le parti habitué au succès a subi une défaite Grand Chelem", écrit le grand quotidien zurichois.

Pour le Tages-Anzeiger, "l'UDC (...) promettait une campagne référendaire à sa façon. Le peuple devait avoir la possibilité d'exprimer un vote protestataire (...) Mais il n'en a rien été. Le nombre de réfugiés en Suisse est resté gérable. Et la ministre de la justice Simonetta Sommaruga a réussi à impliquer presque tous les principaux acteurs du domaine dans cette réforme". Les Suisses ont préféré faire parler la raison en empruntant "un chemin praticable", conclut l'autre journal zurichois.

Après ce résultat, "le Conseil fédéral, la majorité du Parlement et la majorité des partis ont désormais le devoir d'appliquer" leurs promesses de campagne, qui était une procédure d'asile plus rapide à des coûts moindres, estime de son côté la Basler Zeitung. Ils devront également prouver qu'"il n'y aura pas d'expropriation de propriété privée, malgré la nouvelle base légale" adoptée avec la réforme, poursuit le quotidien.

Selon la Berner Zeitung, "les citoyens ont renforcé leur décision de principe de 2013: ils veulent des procédures d'asile plus rapides et menées dans des centres fédéraux, mais respectueuses de la constitution fédérale. L'UDC voulait quelque chose de totalement différent: une réforme de l'asile à son goût, sinon rien. Tout ou rien. C'est un concept un peu naïf", s'étonne le journal bernois.

"La Suisse ne s'est pas réinventée hier", note le Blick. "Elle n'en avait aucune raison (...) et les demandeurs d'asile continueront d'être traités décemment et équitablement". "Ennuyant?", non "très raisonnable", conclu le journal.

Enfin, la Neue Luzerner Zeitung remarque que la socialiste Simonetta Sommaruga mène désormais 2-0 contre l'UDC après le "oui" dimanche à sa réforme et le rejet de l'initiative dite d'application de la formation nationale-conservatrice.

sda-ats

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