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Christian Kern (à droite) aurait obtenu l'appui du puissant Parti social-démocrate (SPÖ) viennois, annonce jeudi le quotidien autrichien Kurier sur son site internet. Il est donc le favori pour succéder à Werner Faymann (à gauche) à la chancellerie.

KEYSTONE/APA/HERBERT NEUBAUER

(sda-ats)

Le patron de la compagnie nationale autrichienne des chemins de fer (ÖBB) pourrait devenir le nouveau chancelier d'Autriche. Le social-démocrate (SPÖ) Christian Kern était en effet donné favori jeudi pour succéder à Werner Faymann, selon la presse du pays.

Déjà formellement choisi par plusieurs fédérations régionales, Christian Kern, 50 ans, a marqué un point décisif jeudi. Il a obtenu l'appui du puissant Parti social-démocrate (SPÖ) viennois, selon une indiscrétion rapportée par le site internet du quotidien Kurier. Selon ce média, "la partie est désormais jouée".

Principal concurrent de M. Kern pour la chancellerie et ancien directeur du télédiffuseur public ÖRF, Gerhard Zeiler a indirectement confirmé cette information à la mi-journée, en annonçant son retrait de la course.

Les patrons de fédérations doivent se réunir vendredi à huis clos à Vienne pour décider du nom du successeur de Werner Faymann. La décision doit être formellement actée mardi, avant un vote parlementaire d'investiture prévu mercredi prochain.

Après sept ans et demi au pouvoir, M. Faymann avait créé la surprise lundi en annonçant sa démission. Son motif: il n'avait plus suffisamment de soutien en interne, après l'élimination du SPÖ au premier tour de la présidentielle au profit du candidat d'extrême droite (FPÖ) Norbert Hofer.

Nouveau souffle

Directeur des ÖBB depuis 2010, M. Kern a redressé les comptes de la compagnie, tout en cultivant de bonnes relations avec les syndicats. C'est également lui qui a supervisé le transit des migrants entre la Hongrie et l'Allemagne au plus fort de la crise migratoire, l'automne dernier.

Issu d'un quartier populaire de Vienne et diplômé en journalisme et management, il a travaillé comme conseiller ministériel SPÖ dès ses 25 ans. En 1997, il quitte la politique pour rejoindre le groupe énergétique Verbund, dont il intègre le directoire avant de prendre la tête des ÖBB.

Si sa nomination est confirmée, il aura pour mission de donner un nouveau souffle au SPÖ. Ce dernier est fortement ébranlé par sa défaite à la présidentielle le 24 avril et usé par plus de neuf années de coalition avec les conservateurs du Parti populaire (ÖVP).

Ces deux formations dominent la vie politique autrichienne depuis la guerre. Elles ont cependant toutes deux été éliminées lors du premier tour de la présidentielle, marqué par une forte poussée du FPÖ sur fond de crise migratoire. M. Hofer avait en effet obtenu 35% des voix. Il affrontera au second tour (22 mai) un écologiste, Alexander Van der Bellen (21,3%).

sda-ats

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