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Pour l'heure, ni Bayer ni Monsanto n'ont donné d'indice sur le prix mis sur la table (archives).

KEYSTONE/AP/SETH PERLMAN

(sda-ats)

Le groupe de chimie-pharmacie allemand Bayer a confirmé jeudi les premières discussions avec le groupe de biotechnologies américain Monsanto à propos d'une fusion. Pour l'heure, aucun accord ferme n'a été trouvé.

"Les dirigeants de Bayer ont récemment rencontré les responsables de Monsanto pour discuter en privé d'une acquisition négociée de Monsanto", indique l'allemand dans un communiqué. Monsanto, de son côté, a confirmé avoir reçu "une offre non ferme et non sollicitée de la part de Bayer" qu'il étudie actuellement.

"Il n'y a aucune certitude qu'une transaction aura bien lieu et dans quels termes", insiste Monsanto. Bayer lui indique qu'il communiquera davantage "quand ce sera approprié".

Une telle fusion donnerait naissance à un géant dans le secteur des pesticides et des cultures OGM. Elle confirmerait également la consolidation s'opérant dans le secteur avec la fusion en cours des américains Dow Chemical et DuPont et celle du bâlois Syngenta avec le chinois ChemChina. Syngenta avait au préalable rejeté les avances de Monsanto.

Décision en suspens

Après l'échec de ses discussions avec Syngenta, Monsanto a engagé une vaste restructuration. Celle-ci prévoit la suppression de 3600 emplois, soit 16% de ses effectifs, d'ici 2018 et la fermeture de sites. Sans oublier des dépréciations d'actifs.

Le groupe est basé à Saint-Louis dans le centre des Etats-Unis. Il est connu pour son herbicide Roundup, dont la substance glyphosate est controversée en Europe. La question du renouvellement de l'autorisation du glyphosate doit être tranchée ce jeudi au niveau européen.

La firme souffre, en outre, de la chute des ventes de ses semences transgéniques.

Appréciation du dollar

C'est la conséquence d'abord de la baisse des revenus des agriculteurs depuis quelques années, qui affecte la demande pour les outils agricoles, les engrais, les pesticides et les semences, mais aussi de l'appréciation du dollar. Cela rend les produits Monsanto chers pour les agriculteurs d'Amérique latine.

La division d'agrochimie de Bayer, dont les pesticides dits "tueurs d'abeilles" sont aussi décriés, a également souffert ces derniers mois.

Les discussions entre Bayer et Monsanto avaient été dévoilées dans la nuit de mercredi à jeudi par le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier. Des rumeurs relayées par Bloomberg News avaient déjà circulé la semaine dernière à ce sujet, faisant s'envoler l'action Monsanto et pesant au contraire sur celle de Bayer.

Des bruits d'une éventuelle fusion de Monsanto avec un autre allemand, le géant BASF, avaient également couru sans jamais être confirmés.

Pas de montant

Pour l'heure, ni Bayer ni Monsanto n'ont donné d'indice sur le prix mis sur la table. La semaine dernière, Bloomberg News évoquait une proposition à 40 milliards de dollars (39,48 milliards de francs au cours actuel).

Pour les analystes de Deutsche Bank, la direction de Monsanto rechercherait un prix d'environ 150 dollars par action, ce qui représenterait une énorme plus-value par rapport à son cours actuel d'environ 97 dollars. Ils jugeaient toutefois l'aboutissement d'une telle union peu probable d'abord en raison du prix, mais aussi à cause des vraisemblables réticences des autorités de la concurrence face à une fusion géante dans les pesticides, engrais et semences.

D'autant que le bilan financier de Bayer lui laisse "des capacités très limitées", avaient pour leur part estimé les analystes de Credit Suisse. La dernière grosse acquisition de l'Allemand remonte à 2014 avec le rachat des médicaments sans ordonnance de l'américain Merck pour 10 milliards d'euros. Un achat qui n'a pas tenu toutes ses promesses, selon les analystes.

Nouveau patron

Inventeur de l'aspirine, le groupe de Leverkusen, à ouest de l'Allemagne, a aussi connu d'importants changements ces derniers temps. Son activité de chimie plastique a été séparée du reste du groupe et mise en Bourse sous le nom de Covestro.

Et le patron à l'origine de ces transformations, le néerlandais Marijn Dekkers, a décidé de quitter le navire prématurément pour prendre la tête du conseil d'administration d'Unilever. Le nouveau directeur général, Werner Baumann, n'est aux manettes que depuis le 1er mai.

sda-ats

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