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L'auteur de l'attentat de Berlin avait utilisé 14 identités différentes lors de son séjour en Allemagne, depuis l'été 2015 (archives).

KEYSTONE/EPA DPA/GREGOR FISCHER

(sda-ats)

L'Allemagne a tiré mardi de premières leçons des failles sécuritaires apparues lors de l'attentat de Berlin en décembre. Des bracelets électroniques seront imposés à des personnes jugées dangereuses et les expulsions de demandeurs d'asile déboutés seront accélérées.

Berlin a confirmé sa volonté de mettre la pression sur les pays qui refusent de reprendre les candidats à l'asile refusés. L'aide au développement sera réduite, voire supprimée, ont indiqué les ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière et de la Justice Heiko Maas lors d'une conférence de presse à Berlin.

"Nous voulons tout faire pour que le cas Amri ne se reproduise pas", a dit M. Maas. Les dysfonctionnements révélés par le cas du jeune Tunisien de 24 ans, auteur présumé de l'attentat le 19 décembre sur un marché de Noël berlinois, Anis Amri, ont suscité un tollé en Allemagne.

Envoyer un signal fort

Avec ces propositions, qui viendront compléter des projets de loi sur la sécurité en cours d'examen ou de préparation, "nous voulons élever le niveau de sécurité et envoyer un signal fort à nos concitoyens", a indiqué M. de Maizière.

Parmi elles figure le placement en rétention facilité et plus systématique, en attendant leur expulsion du pays, des étrangers jugés dangereux pour la sécurité nationale ou dont la demande d'asile a été rejetée. Dans le cas de ces derniers, un placement en rétention sera possible si leurs pays d'origine refusent de les reprendre dans un délai de trois mois.

Anis Amri, auteur présumé de l'attentat au camion-bélier qui a fait 12 morts, avait vu sa demande d'asile rejetée en juin 2016. Mais les autorités allemandes n'ont pu l'expulser car la Tunisie a contesté pendant longtemps sa nationalité tunisienne.

Berlin entend sévir en la matière en réduisant ou supprimant son aide financière aux pays qui refuseront de reprendre leurs demandeurs déboutés. "Il faudra exercer la pression nécessaire sur ceux qui ne coopèrent pas suffisamment", a dit M. Maas, en citant "l'aide au développement et l'aide économique".

Ce volet ne fait toutefois pas l'unanimité au sein de la coalition gouvernementale d'Angela Merkel. Le ministre chargé de l'aide au développement, Gerd Müller, membre de l'aile droite de la famille politique conservatrice de la chancelière, s'en est ému. Il a mis en garde contre un effondrement des économies des pays du Maghreb qui conduirait "à d'énormes problèmes".

14 identités différentes pour Amri

Le port de bracelets électroniques pourra aussi être imposé à de nombreuses personnes jugées potentiellement dangereuses, en particulier celles sortant de prison après une condamnation pour une affaire de terrorisme.

Les demandeurs d'asile utilisant plusieurs identités dans le pays pour s'enregistrer auprès de l'administration allemande seront sanctionnés, notamment par une obligation de résidence dans un territoire restreint.

Anis Amri avait utilisé 14 identités différentes lors de son séjour en Allemagne, depuis l'été 2015, à la fois pour pouvoir percevoir différentes allocations sociales mais aussi pour brouiller les pistes alors qu'il était surveillé par le renseignement intérieur.

Selon les renseignements allemands, 548 islamistes vivant ou ayant vécu en Allemagne constituent actuellement une menace pour la sécurité publique. Anis Amri en faisait partie.

ATS