Colombie: réunion entre l'ELN et le gouvernement pour relancer la paix


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L'Armée de libération nationale (ELN, guévariste) est la seule guérilla encore active en Colombie, issue comme les FARC d'une insurrection paysanne en 1964 et qui compte encore environ 1500 combattants (archives).

Keystone/EPA/EL TIEMPO / HANDOUT

(sda-ats)

Le gouvernement colombien et la guérilla de l'ELN se sont retrouvés vendredi en Equateur pour une première réunion préliminaire aux négociations de paix, ont indiqué les deux parties. Une nouvelle rencontre se tiendra samedi.

"Nous avons eu une réunion aujourd'hui. Nous continuerons dès demain matin", a déclaré une source du gouvernement colombien sans donner d'autres précisions. La réunion d'aujourd'hui a été brève mais très positive", a indiqué le groupe des insurgés sur Twitter.

Des sources proches des pourparlers ont rapporté que cette rencontre s'est tenue à huis clos au nord de Quito, dans un endroit tenu secret. De nombreux médias ont envoyé des équipes dans les environs de la ville d'Ibarra (115 km au nord de Quito) où la réunion était supposée avoir lieu, a constaté l'AFP.

Une nouvelle rencontre entre les deux parties doit se tenir samedi afin de fixer le début officiel des négociations de paix. Dans un premier temps, la reprise du dialogue avait été annoncée pour mardi avant d'être repoussée à jeudi ou vendredi, pour laisser le temps aux délégations d'arriver à Quito.

Dernière guérilla active

Après l'accord de paix signé avec les Forces armées révolutionnaires (FARC, marxistes) après 52 ans de confrontation armée, il reste au gouvernement colombien à régler le conflit avec l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste). C'est la seule guérilla encore active dans le pays, issue comme les FARC d'une insurrection paysanne en 1964 et qui compte encore environ 1500 combattants.

Le gouvernement et cette guérilla négocient en secret depuis janvier 2014 pour préparer l'ouverture de pourparlers officiels. Leur lancement, prévu le 27 octobre en Equateur, avait été annulé au dernier moment.

Bogota demande la libération de l'ex-député Odin Sanchez, détenu depuis avril par l'ELN, pour entamer les négociations de paix. De son côté, l'ELN réclame la grâce de deux guérilleros. Ces deux conditions seront abordées par les deux délégations afin de débloquer le processus et de fixer une date pour le début de la phase publique des négociations. Si les négociations formelles se concrétisent, l'Equateur accueillera le premier round.

Les autres se tiendront dans des pays impliqués dans le processus de paix: le Brésil, Cuba, le Chili, la Norvège et le Venezuela. Depuis les années 1960, le conflit armé colombien a impliqué une trentaine de guérillas de gauche, des paramilitaires d'extrême droite et les forces de l'ordre, faisant au moins 260'000 morts, plus de 60'000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

ATS

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