Commandant de la police inculpé d'homicide par négligence


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Le commandant de la police Adi Achermann, à droite, à côté des procureurs zurichois et lucernois devant la presse après l'engagement à Malters (archives).

KEYSTONE/ALEXANDRA WEY

(sda-ats)

Le commandant de la police lucernoise et le chef de la police criminelle du canton devront comparaître devant la justice. Ils ont été inculpés d'homicide par négligence par le procureur extraordinaire chargé de l'affaire de la forcenée de Malters (LU).

Le procureur extraordinaire, l'Argovien Christoph Rüedi, reproche au commandant de la police Adi Achermann et au chef de la police criminelle Daniel Bussmann d'avoir décidé d'entrer en force dans la maison dans laquelle la forcenée s'était retranchée sans avoir étudié d'autres solutions, a indiqué mardi le Ministère public lucernois. La femme âgée de 65 ans s'était suicidée pendant cette intervention.

L'affaire remonte au 8 mars 2016. La police a voulu procéder à une perquisition à Malters pour saisir une installation de culture de chanvre à l'intérieur d'une maison. La mère de l'homme suspecté de gérer cette culture occupait alors l'appartement de son fils.

Coups de feu en l'air

La femme a refusé de laisser la police entrer et elle s'est retranchée dans l'appartement durant 17 heures. Elle a tiré des coups de feu en l'air. La police a finalement donné l'assaut et trouvé la femme morte dans la salle de bain. Elle s'est suicidée d'une balle dans la tête.

Son fils était alors en détention préventive. Il a déposé une plainte pour abus de pouvoir et homicide par négligence. Le Ministère public lucernois a désigné un procureur extraordinaire pour mener l'enquête pénale qui a été ouverte en juin contre le commandant de la police lucernoise et le chef de la police criminelle.

Suspension

Depuis le début du mois d'avril, les deux policiers sont suspendus. Ils ne peuvent plus participer à des opérations délicates ou à des engagements importants. Les deux officiers ne sont plus désignés de piquet sur les plans de travail.

Cette mesure, confirmée en septembre sur la base d'un avis de droit du juriste et ancien conseiller d'Etat du canton de Zoug Hanspeter Uster, a été prise à titre de précaution par le conseiller d'Etat Paul Winiker, chef du département de justice et police. Cette décision a pour but d'éviter toute situation de conflit pendant l'enquête pénale.

ATS

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