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C'est à la Maison des religions, à Berne, que les associations musulmanes albanaises de Suisse ont signé une déclaration commune en faveur de la laïcité (archives).

KEYSTONE/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

Les deux principales associations musulmanes albanaises de Suisse ont signé lundi à Berne une déclaration commune en faveur de la laïcité. Ce texte stipule notamment qu'aucune règle religieuse ne peut remplacer les lois helvétiques.

Les deux organisations signataires sont la Communauté musulmane albanaise de Suisse et l'Union des imams albanais en Suisse. La charte a été signée en présence notamment de représentants des autorités suisses et des trois pays concernés - l'Albanie, le Kosovo et la Macédoine -, a indiqué à l'ats Bashkim Iseni, de l'agence d'information albinfo.ch.

L'initiative de cette rencontre et de cette déclaration inédite émane de Naim Malaj, ancien ambassadeur du Kosovo en Suisse. Par ce texte, les deux parties certifient aussi être contre toute exploitation de la religion à des fins politiques et extrémistes. "C'est le début d'un processus, mais il y a encore du travail", a commenté M. Iseni.

La déclaration, dont l'ats a obtenu le texte, encourage aussi les centres culturels et religieux à "participer à des formations sur l'éducation civique, la démocratie et les institutions suisses". Quelque 300'000 Albanais vivent en Suisse, mais leur grande majorité n'est pas pratiquante, précise Naim Malaj, interrogé par plusieurs journaux romands.

"Nous voulons donner un autre visage de l'islam pratiqué en Suisse par une partie de la communauté albanaise", relève M. Malaj. "C'est un islam qui a toujours mis l'identité nationale au-dessus de la religion. Ce qui explique aussi cet attachement à un Etat laïc et à la séparation des pouvoirs".

Respect des droits de la femme

Un des paragraphes dit que les signataires s'engagent au respect des droits de la femme, à son égalité conforme à la loi et à la constitution suisse. "Si une femme veut mettre le voile, elle est libre de le faire. Mais cela ne doit en aucun cas être imposé par les responsables religieux", souligne Naim Malaj.

"Par cette charte, j'aimerais aussi montrer l'attachement de la communauté à l'égard de la Suisse et de ses valeurs ainsi que faire preuve de reconnaissance pour tout ce que ce pays a fait et réalise encore pour les Balkans", confie M. Malaj.

Ce qui a fait réfléchir l'ancien ambassadeur, "c'est surtout l'histoire de ces deux élèves qui ont refusé de serrer la main de leur enseignante à Therwil (BL) l'an dernier. Cela m'a beaucoup choqué". M. Malaj en a ensuite parlé avec des imams albanais et leur position était claire, condamnant le refus de la poignée de main.

ATS