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Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus mardi dans les rues du centre de Bagdad. Ils exigent un remaniement puis la mise en place d'un gouvernement de techniciens chargé de lutter contre la corruption.

La majeure partie des manifestants rassemblés aux entrées de la "zone verte" - le quartier étroitement surveillé qui regroupe ambassades, parlement et ministères - sont des partisans de l'influent dignitaire chiite Moktada Sadr.

Cette manifestation, qui dans l'ensemble s'est déroulée dans le calme, est la plus importante qu'ait connue la capitale irakienne depuis plusieurs semaines. Les participants se sont retrouvés sur une grande artère reliant, sur près de deux kilomètres, la place Tahrir à la zone verte, a constaté un caméraman de Reuters télévision.

Remplacer les politiciens par des techniciens

Moktada Sadr presse le Premier ministre, Haïdar al Abadi, de mettre en oeuvre les projets de réformes annoncés en février, à la faveur desquels les ministres affiliés à des partis politiques devraient être remplacés par des techniciens.

Haïdar al Abadi a pris part dans la journée à une session parlementaire convoquée par le président du parlement, Salim al Djabouri. Des députés ont protesté contre cette réunion qu'ils jugent contraire à la Constitution, a constaté un journaliste de Reuters.

On ignore pour le moment si le Premier ministre, qui a déjà proposé deux listes de ministres ces dernières semaines, comptait en présenter une troisième mardi, ou s'il proposerait de nouveau les mêmes noms.

La guerre contre les djihadistes entravée

Il a averti que la crise politique en cours risquait de gêner la guerre livrée aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui contrôlent toujours des régions entières du nord et de l'ouest du pays, et notamment la grande ville de Mossoul.

sda-ats

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