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Un millier de policiers se sont réunis à Paris (archives).

KEYSTONE/EPA/JEREMY LEMPIN

(sda-ats)

Plusieurs centaines de policiers ont manifesté mercredi en France pour dénoncer la "haine anti-flics". Un contre-rassemblement a dégénéré à Paris, avec une voiture de police incendiée, en marge de cette rare démonstration de colère de la part des gardiens de la paix.

Les policiers se disent "usés" par les tâches imposées par l'état d'urgence. Objets en outre de la vindicte de petits groupes radicaux qui s'en prennent à eux depuis deux mois, ils étaient appelés à exprimer leur ras-le-bol dans une soixantaine de villes.

Le rassemblement le plus important, avec près d'un millier de personnes, s'est tenu dans la capitale, sur la très symbolique place de la République. C'est là qu'une contre-manifestation interdite a dégénéré à la mi-journée. Quelque 300 participants criant: "Flics, porcs, assassins" ou "Tout le monde déteste la police", ont été repoussés vers l'extérieur de la place à coup de gaz lacrymogènes.

Un petit groupe a ensuite incendié avec un cocktail Molotov une voiture de police dont les deux occupants se sont extraits à la hâte. Devant l'épave carbonisée, des inconnus ont déposé une pancarte: "Poulets rôtis, prix libre", a constaté un journaliste de l'AFP. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentative d'homicide volontaire.

Casser du flic

Sur la place de la République, les policiers se sont rassemblés sous la protection d'un cordon de gendarmes et de barrières pour "dire stop à la haine développée par une minorité visible bien casquée et organisée", selon la formule d'un responsable d'un syndicat de gardiens de la paix.

Plus de 350 membres des forces de l'ordre ont été blessés lors des manifestations sociales de ces dernières semaines, selon les autorités. "Je n'ai jamais vu ça", a raconté Arnaud, CRS depuis vingt ans. "Les 'casseurs' (...) sont parfaitement organisés, ramassent tout ce qu'ils trouvent et nous canardent. Sans piller, pour casser et casser du flic."

Un des syndicats a critiqué à plusieurs reprises les consignes du gouvernement, jugeant que le délai d'intervention face aux casseurs était trop long. Bernard Cazeneuve a réfuté ces arguments. Le ministre de l'Intérieur a rappelé que 1300 personnes avaient été interpellées depuis le début des manifestations contre la loi Travail.

"Image exceptionnelle"

Dans le camp opposé, on dénonce en retour la brutalité des interventions policières, vidéos diffusées sur les réseaux sociaux à l'appui. Un jeune homme a perdu l'usage d'un oeil après avoir été blessé fin avril à Rennes. Une trentaine d'enquêtes de la "police des polices" portant sur de présumées violences policières ont été ouvertes.

Applaudie au lendemain des attentats de janvier 2015 à Paris par tout un pays traumatisé, la police jouit pourtant toujours d'une "image exceptionnelle" avec 82% des Français qui en ont une bonne opinion, selon un sondage publié mercredi.

sda-ats

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