Des socialistes d'origine étrangère montent au front


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Si le peuple et les cantons disent oui le 12 février, deux tiers des personnes qui pourront accéder à une procédure de naturalisation facilitée sont italiennes (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Les petits-enfants d'immigrés doivent pouvoir obtenir le passeport suisse au terme d'une procédure transparente et harmonisée à l'échelle nationale. Des socialistes d'origine étrangère sont montés jeudi au front à Berne pour la réforme soumise au peuple le 12 février.

Près d'un million de personnes remplissent déjà les critères nécessaires à une naturalisation. Mais nombre d'entre elles ne la demandent pas par peur de l'effort administratif et des coûts. Naturalisé il y a un peu moins de 20 ans de manière ordinaire, le président du PS Migrant-e-s Mustafa Atici se rappelle qu'à l'époque déjà, la procédure était vue par son entourage comme complexe et difficile.

Information disparate

Selon le Bâlois d'origine turque, les choses ont peu changé. S'il y a des cantons exemplaires, d'autres sont peu avenants. Certaines communes ne publiaient même pas d'information concernant la naturalisation sur Internet avant l'intervention du PS alors que Bâle-Ville envoie aux étrangers potentiellement concernés un courrier pour les motiver à demander une naturalisation.

Au moins la troisième génération doit bénéficier d'une procédure facilitée qui simplifie beaucoup les choses, a relevé Apiyo Brändle-Amolo. Dix-sept ans après avoir été naturalisée de cette manière par mariage, la Zurichoise née au Kenya est toujours très fière de pouvoir participer aux décisions politiques de sa nouvelle patrie.

Rester en Suisse

Dans les années 1980, les citoyens de Yougoslavie venaient en Suisse pour gagner de l'argent avant de retourner définitivement dans leur pays. "Aujourd'hui, je ne connais plus aucun compatriote qui souhaite quitter la Suisse, au contraire", constate Florium Kadriu.

Ils se forment, se font construire une maison en Suisse, s'engagent en politique ou dans la société et défendent des valeurs helvétiques comme chaque Suisse. Il est temps que la Suisse change d'attitude à leur égard et profite de ce réservoir de policiers, politiciens ou soldats.

Le pays doit reconnaître ses enfants, a renchéri la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD), à l'origine du projet. Le passeport ne sera pas bradé puisque le projet ne facilitera la procédure que pour 2,7% des personnes pouvant prétendre à une naturalisation. Deux tiers d'entre elles sont italiennes et quelques-unes portugaises, espagnoles ou turques. "Cette vieille immigration est bien intégrée dans les faits."

Appel urgent

L'affiche de campagne de l'UDC montrant une femme avec une burqa n'a aucun fondement et méprise l'engagement des étrangers de troisième génération en Suisse, a critiqué M.Atici. En attendant l'issue de la votation, le PS Migrant-e-s a répété son appel aux étrangers à faire une demande de naturalisation ordinaire avant le 1er janvier 2018. A cette date entrera une loi bien plus stricte qui interdit notamment le passeport aux personnes sans permis d'établissement.

ATS

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