Enquête ouverte après une bousculade meurtrière dans un stade angolais


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La bousculade s'est produite dans la province d'Uige, dont la limite est signalée ici en rouge, à l'occasion de la première journée du championnat angolais de football (Google Maps).

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(sda-ats)

Les autorités angolaises ont ouvert une enquête après une bousculade qui a fait au moins 17 morts et 56 blessés à l'entrée d'un stade du nord-ouest du pays. Il s'agit de déterminer les causes de ce drame, a annoncé samedi l'agence de presse nationale Angop.

Par ailleurs, les autorités ont désigné une commission chargée de soutenir les familles endeuillées et aider à l'organisation des funérailles. La bousculade s'est produite vendredi dans la province d'Uige à l'occasion de la première journée du championnat national de football.

Le drame a eu lieu à l'entrée du stade où le club de Santa Rita accueillait le Recreativo do Libolo. Selon la police, il y a eu au moins 17 morts et 56 blessés. "Plusieurs enfants ont été tués", a précisé le porte-parole de la police, Orlando Bernardo.

"Alors que, sur le terrain, les deux équipes s'affrontaient, les fans ont tenté d'entrer dans le stade pour voir le match. La porte a cédé sous la pression et 17 personnes ont trouvé la mort dans la bousculade", affirme un communiqué du club visiteur.

Selon Sergio Traguil, entraîneur de l'équipe hôte, interrogé par le journal portugais "Diario de Noticias", "aucune personne à l'intérieur du stade ne s'est aperçue de ce qui se passait à l'extérieur".

Des images de la télévision publique angolaise semblent confirmer ces déclarations. On y voit le match se dérouler normalement, dans un stade dépourvu de toute tribune où les spectateurs assistent à la rencontre le long de la main courante au bord du terrain ou massés derrière le but sur la pelouse d'une petite colline. La rencontre s'est déroulée jusqu'à son terme avec la victoire du Recreativo 1 à 0.

"La faute de la police"

Le président de Santa Rita, Pedro Nzolonzi, a immédiatement accusé la police d'être responsable du drame. "Beaucoup ne voulaient pas payer et ceux qui n'avaient pas de billet n'ont pas réussi à entrer. Et là a commencé la confusion. C'est très triste", a-t-il déclaré à l'agence portugaise Lusa.

"Tout est la faute de la police. C'était facile à éviter. Il fallait simplement élargir le cordon de sécurité", a-t-il estimé, dénonçant une "faute grave".

Supporters piétinés

L'histoire du football dans le monde a été marquée par plusieurs mouvements de foule meurtriers. En 2009, dix-neuf personnes sont mortes dans la capitale économique ivoirienne Abidjan après une bousculade lors d'un match de qualification pour la Coupe du monde 2010 entre la Côte d'Ivoire et le Malawi.

En 2001, un mouvement de foule avait également coûté la vie à 127 supporters à Accra, la capitale du Ghana. En mai 1964, 320 personnes ont été tuées et plus de 1000 blessées dans une bousculade au stade de Lima, lors d'une rencontre Pérou-Argentine. Les supporters n'avaient pas pu s'échapper et sont morts piétinés ou asphyxiés.

Drame du Heysel

Dans les années 80, l'Europe n'a pas non plus été épargnée par ces tragédies, notamment en Grande-Bretagne. En 1985, un incendie dans le stade de Valley Parade avait fait 56 morts, tandis que quatre ans plus tard, 96 personnes étaient décédées à Hillsborough.

Le drame du Heysel est aussi survenu cette année-là, le 29 mai, à l'occasion de la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions entre Liverpool et la Juventus. Pas moins de 39 personnes avaient été tuées et 458 blessées dans une bousculade provoquée par des hooligans anglais.

ATS

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