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Laurent Fabius (au centre) se montre moins optimiste aujourd'hui qu'en décembre dernier à Paris lors de la COP21 (archives).

Keystone/AP/FRANCOIS MORI

(sda-ats)

L'ancien président de la COP21 Laurent Fabius s'alarme dans une tribune publiée mardi par Le Monde du retard pris dans la mise en oeuvre de l'accord de Paris sur le climat adopté en décembre 2015. L'ancien ministre français juge "vitale" une accélération du processus.

"A l'immense satisfaction d'avoir réussi, en décembre 2015, la conférence mondiale de Paris sur le climat succède aujourd'hui, chez moi comme chez beaucoup d'autres, une inquiétude", écrit le président du Conseil constitutionnel. Il a cédé la tête de la COP21 à la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal.

"Seule (...) une action volontariste, mondiale, rapide et multiforme peut encore éviter la tragédie: c'est précisément le but des 29 articles et 140 paragraphes de décisions, ainsi que des accords divers que tous les pays du monde ont agréés lors de la COP21", souligne l'ancien ministre des Affaires étrangères. "Or, les inquiétudes sur leur application se multiplient".

"Ni la bonne volonté de la France, présidente de la COP21, ni celle du Maroc, hôte de la COP22, ni la détermination du système des Nations unies ne sont en cause: leur engagement est manifeste", ajoute-t-il. "Mais des difficultés majeures apparaissent ou se confirment qu'il serait irresponsable d'occulter".

Cinq pays et l'UE pointés du doigt

Adopté le 12 décembre 2015 lors de la Conférence des parties à la convention climat à Paris, le texte, qualifié d'historique, jette les bases d'une maîtrise des émissions de gaz à effet de serre à l'origine des dérèglements climatiques. Il fixe le cadre d'engagements politiques, économiques et financiers pour contenir la hausse de la température moyenne de la planète "nettement en dessous de 2°C" en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels.

L'accord a reçu l'approbation de 195 pays et a été signé le 22 avril à New York, au siège de l'ONU, par 175 pays. Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par au moins 55 Etats, représentant plus de 55% des émissions de gaz à effet de serre.

Or, "nous en sommes à moins de 2%!", souligne Laurent Fabius. "Des promesses sont données mais le fait est qu'aujourd'hui ni la Chine, ni les Etats-Unis, ni l'Union européenne, ni l'Inde, ni la Russie - les cinq premiers émetteurs mondiaux de CO2 - n'ont encore franchi le pas", poursuit-il. "Il est vital, au sens propre, qu'ils le fassent et vite", lance-t-il.

sda-ats

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