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Le président sud-soudanais Salva Kiir (à droite) et son vice-président Riek Machar à l'issue de la première réunion du gouvernement de transition vendredi.

KEYSTONE/AP/JASON PATINKIN

(sda-ats)

Le président sud-soudanais Salva Kiir a formé un gouvernement de transition, selon un décret rendu public vendredi. Il partage désormais le pouvoir avec les ex-rebelles. Il s'agit d'une étape cruciale dans un processus de paix longtemps retardé.

Selon les termes d'un accord de paix signé le 26 août, les 30 postes de ministres sont partagés entre les partisans de M. Kiir, le camp du rebelle redevenu vice-président Riek Machar, ainsi que d'autres partis, notamment de l'opposition.

"Nous allons travailler ensemble, la responsabilité qui nous incombe en vertu de cet accord requiert de notre part de contribuer à la stabilisation du pays", a dit M. Kiir après la prestation de serment des ministres. Cette stabilisation sur le plan de la sécurité est nécessaire pour "stabiliser l'économie", a de son côté souligné Riek Machar.

Economie en ruine

Fidèles à M. Kiir, Kuol Manyang et David Deng Athorbei restent ministres de la Défense et des Finances. Le second aura la tâche ardue de reconstruire une économie en ruine après deux ans de guerre civile. Le portefeuille du Pétrole, quasi-unique source de revenus du pays, a été accordé à un ancien rebelle, Dak Duop Bichok.

Les Affaires étrangères ont été attribuées à Deng Alor, qui avait déjà occupé ce poste au sein du Soudan unifié. Le Soudan du Sud a obtenu son indépendance en 2011. M. Alor est un des "anciens prisonniers", un groupe de leaders influents arrêtés au début du conflit, puis relâchés en raison de pressions internationales.

Lam Akol, un leader de l'opposition, indépendant de la rébellion, devient ministre de l'Agriculture et de la sécurité alimentaire, un poste clé alors que cinq millions de Sud-Soudanais ont besoin d'aide alimentaire et que certaines zones du pays sont au bord de la famine.

Coopération difficile

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué une "étape importante" dans le processus de paix et a "appelé les parties à mettre immédiatement un terme aux hostilités".

Malgré les progrès réalisés dernièrement, dont le retour de M. Machar à Juba mardi, une coopération fructueuse au sein du gouvernement est loin d'être acquise. L'animosité entre les deux camps est profonde alors que leurs forces armées cohabitent dans la capitale.

Des dizaines de prisonniers politiques restent en outre en détention, a dénoncé vendredi Amnesty International. En dépit de l'accord de paix, des combats continuent en outre d'opposer des groupes armés aux intérêts souvent locaux et qui ne s'estiment pas soumis aux accord écrits.

sda-ats

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