François Fillon minimise les informations sur ses costumes de luxe


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François Fillon estime que sa vie privée "fait l'objet d'enquêtes en tous sens et que ce traitement (lui) est réservé" (archives).

KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

(sda-ats)

François Fillon a confirmé dimanche qu'il s'était fait offrir par "un ami" pour plusieurs milliers d'euros de costumes de luxe. Il a toutefois minimisé la portée de cette nouvelle "affaire" après celle des emplois présumés fictifs ayant bénéficié à ses proches.

"Un ami m'a offert des costumes en février. Et alors?", a déclaré le candidat de la droite à la présidentielle dans un entretien au journal Les Echos à paraître lundi. "J'observe que ma vie privée fait l'objet d'enquêtes en tous sens et que ce traitement m'est réservé", a-t-il ajouté.

"Qui cherche à me nuire, je ne le sais pas et je n'ai pas de cabinet noir qui mènerait des enquêtes parallèles pour démasquer mes ennemis", poursuit-il. "Ce n'est pas ma conception de la démocratie. Mon temps et mon énergie, je les consacre à mon projet de redressement de la France."

Dans son édition de dimanche, Le Journal du dimanche (JDD) révélait qu'un mécène avait signé le 20 février un chèque de 13'000 euros (14'000 francs) pour le règlement de deux costumes achetés chez Arnys, un tailleur parisien des quartiers chics. "J'ai payé à la demande de François Fillon", a affirmé cet "ami généreux" au JDD.

Le journal assure avoir obtenu confirmation de l'entourage du candidat de la droite à la présidentielle, pour qui "il est exact qu'un de ses amis lui a offert des costumes en février", mais "ça n'a rien de répréhensible".

A cela s'ajouteraient selon l'hebdomadaire près de 35'500 euros "réglés en liquide" chez ce tailleur, pour un montant de près de 48'500 euros au total depuis 2012.

"Campagne de caniveau"

Sur ce point, l'entourage de François Fillon sollicité par le JDD a jugé "totalement extravagant" d'affirmer "que certains costumes auraient été payés en espèces".

"Ça devient insupportable", a pour sa part réagi le porte-parole du candidat, Luc Chatel, qui a dénoncé sur la radio Europe 1 "une campagne de caniveau". François Fillon, "depuis presque deux mois, est passé au scanner tous les jours", a-t-il jugé.

"Il y en a marre, ça suffit. Les Français ont le droit d'avoir un débat sur le fond, ils vont élire leur chef de l'Etat, ce qui est important c'est qu'ils élisent celui qui est le mieux préparé à cette fonction", a-t-il ajouté.

Convocation devant les juges

Le candidat de la droite à la présidentielle est convoqué mercredi par les juges d'instruction en vue d'une possible mise en examen (inculpation) dans l'enquête sur les emplois fictifs présumés de son épouse et de deux de ses enfants, dont la révélation fin janvier a plombé sa campagne.

Ancien favori des sondages, François Fillon a chuté dans les intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle du 22 avril. Derrière la candidate d'extrême-droite Marine Le Pen et le centriste Emmanuel Macron, il ne se qualifierait pas pour le second tour du 6 mai, selon les dernières enquêtes.

ATS

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