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Selon l'accusation, Dominique Patrom, surnommé "l'artiste" a produit en tout, 374'000 billets de 20, 50'000 de 50, dans sa "cave à vingt" (image symbolique/archives).

KEYSTONE/AP/CHRISTIAN LUTZ

(sda-ats)

Entre 2007 et 2012 quelque 10 millions d'euros en faux billets sont sortis de son atelier habilement dissimulé dans un entrepôt près de Paris, le plus important découvert en France: Dominique Patrom a été condamné jeudi à huit ans de prison.

A l'énoncé du verdict, cet imprimeur de 59 ans au langage fleuri a laissé apparaître un sourire sous sa moustache grise. "Je remercie la cour et les jurés", a-t-il lâché. Ceux-ci lui ont accordé une confusion de peine avec deux précédentes condamnations.

Si bien qu'il peut espérer sortir de prison dans quatre ans, selon son avocate, Me Marie-Laure Barré. La juriste s'est réjouie que la justice "lui laisse un avenir". Il risquait la prison à perpétuité.

"Cave à vingt"

En 2012, les enquêteurs cherchaient à remonter la source de faux billets de 20 euros. Pendant le procès, l'un d'eux a raconté la découverte de ce qui a été surnommé la "cave à vingt" de Dominique Patrom, que les policiers ont fini par trouver sous la rampe qu'empruntaient les véhicules pour monter.

La trouvaille: une pièce d'une quarantaine de mètres carrés, des imprimantes, deux machines de typographie Heidelberg que Patrom avait "bidouillées", a expliqué l'enquêteur à la barre. Des machines qui au total pèsent des tonnes, "pour les enlever, il a fallu des grues". L'une servait pour le fil sécurisé et le filigrane des billets, l'autre pour le passage à chaud.

"Je carotte pas"

Dominique Patrom, surnommé "l'artiste", a affirmé ne pas avoir idée du montant de sa production. En tout, 374'000 billets de 20, 50'000 de 50, selon l'accusation. "Je m'demande comment ça s'fait que j'ai pas les dents plaquées or", a-t-il ironisé. "Je vis une vie médiocre, à découvert", avec une voiture qui a 12 ans et affiche 500'000 kilomètres au compteur, a-t-il plaidé.

Un langage argotique qui a même réussi à faire rire le président de la cour d'assises lorsqu'il a dit: "Je carotte pas, je manoeuvre habilement".

Poursuivi pour complicité et accusé d'avoir assuré l'écoulement des billets de contrefaçon, le beau-frère de Dominique Patrom, Marceau Baum-Gartner, 63 ans, qui a toujours nié son implication, a été acquitté. Dix ans de prison avaient été requis contre lui.

Patrom l'avait dédouané: il est "copain comme cochon depuis longtemps, mais beau-frère depuis peu". Il lui avait demandé la main de sa soeur, "c'est une question de politesse", dit-il, "ça se faisait comme ça dans le temps".

sda-ats

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