Fusillade inédite dans une mosquée à Québec: six morts


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Lundi à la mi-journée, la police québécoise a donc fait marche arrière après avoir assuré la veille, sur la foi de témoins, que deux hommes cagoulés avaient ouvert le feu à l'intérieur de la mosquée.

Keystone/EPA/ANDRE PICHETTE

(sda-ats)

Le Canada a été victime d'un acte terroriste sur son sol dimanche soir. Un homme cagoulé a tiré sur des fidèles dans une mosquée à Québec, faisant six morts et huit blessés, dont cinq dans un état grave. L'auteur présumé a été arrêté.

L'homme a fait irruption dans l'enceinte du centre culturel islamique de Québec aux environs de 19h30 dimanche (01h30 lundi matin heure suisse), à la fin de la dernière prière de la journée, avant de faire feu. Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées dans la mosquée. Les secours ont déploré six morts et huit blessés, a indiqué lundi Christine Coulombe, porte-parole de la sûreté du Québec lors d'un point de presse.

Les six personnes décédées étaient toutes des Canadiens binationaux, a indiqué lundi le vice-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi. "Il y a deux Marocains, un ou deux Algériens, un Tunisien et peut-être deux (personnes originaires) de l'Afrique sub-saharienne", a déclaré M. Labidi en marge d'une rencontre avec les autorités.

Condamnations

"Nous condamnons cet attentat terroriste dirigé contre des musulmans se trouvant dans un lieu de culte et de refuge", a déclaré le premier ministre canadien Justin Trudeau dans un communiqué. C'est la première fois qu'une attaque de ce genre vise une mosquée au Canada où la population de religion musulmane est estimée à environ 1,1 million, selon l'institut de la statistique.

"Comme ailleurs dans le monde, Québec est frappé par le terrorisme. Nous allons y faire face ensemble avec courage et avec solidarité", a assuré Philippe Couillard, chef du gouvernement de la province francophone. En France, le président François Hollande a dénoncé "avec la plus grande fermeté l'odieux attentat" dans la mosquée de Sainte Foy, l'une des dix mosquées de Québec. L'UE a aussi fait part de ses condoléances.

Suspect en garde à vue

Les premiers appels signalant des tirs à la mosquée ont été reçus au numéro d'urgence de la police à 19h55 locale. La police est arrivée sur place quelques minutes plus tard et a interpellé l'auteur présumé aux abords de la mosquée. Une deuxième personne a aussi été interpellée, mais a finalement été relâchée.

"La Sûreté du Québec (SQ) confirme qu'un seul des individus arrêtés hier soir en lien avec l'attentat de Québec est considéré comme suspect", a indiqué la police québécoise. "A la suite de l'enquête, l'autre individu est maintenant" entendu à titre de "témoin", a précisé la SQ sur son compte Twitter.

Lundi à la mi-journée, la police québécoise a donc fait marche arrière après avoir assuré la veille, sur la foi de témoins, que deux hommes cagoulés avaient ouvert le feu à l'intérieur de la mosquée.

Inconnu des services de police

Selon les médias locaux, l'étudiant en science politique Alexandre Bissonnette serait l'individu considéré comme suspect et aurait téléphoné à la police pour se rendre. Le tireur présumé était inconnu des services de police.

Le suspect devait être déféré devant un juge lundi en fin de journée, selon la police. Des perquisitions ont été réalisées tôt lundi matin dans une résidence près de la mosquée, non loin de l'Université Laval à une dizaine de kilomètres du coeur historique de Québec.

ATS

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