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L'ancien Premier ministre travailliste britannique Gordon Brown se porte au secours du camp du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

KEYSTONE/EPA/WILL OLIVER

(sda-ats)

L'ancien Premier ministre travailliste britannique Gordon Brown a décidé de se porter au secours du camp du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Ce face à des sondages qui montrent que l'élan a basculé du côté du Brexit.

Selon une nouvelle enquête d'opinion ICM publiée lundi après-midi par le quotidien en ligne The Guardian, le camp du Brexit est en tête de six points sur le "Remain" (rester), avec 53% des intentions de vote.

Déjà deux sondages publiés au cours du week-end ont donné le "out" en tête, tandis que désormais la moyenne des six derniers sondages calculée par le site WhatUKThinks le donnent également gagnant avec 52% des intentions de vote contre 48% pour le "in".

Conscient du danger pour son camp, le pro-Européen Gordon Brown s'est lancé lundi dans un "blitz médiatique", selon l'expression du tabloïd de gauche Daily Mirror.

Message positif

L'opération a démarré de bon matin, avec une interview sur la radio BBC 4 au cours de laquelle M. Brown a encouragé les électeurs travaillistes à aller voter pour un "avenir meilleur" au sein de l'UE.

L'ancien Premier ministre s'est montré soucieux d'envoyer un message positif, alors que la campagne du "Remain" est régulièrement accusée de jouer sur les peurs d'un effondrement économique en cas de Brexit.

Pour Gordon Brown, "le Royaume-Uni a toujours su montrer la voie dans les temps difficiles à l'Europe et il est temps que nous redevenions leader".

Dans l'après-midi, celui dont l'intervention dans le référendum d'indépendance en Ecosse il y a deux ans avait été jugée décisive par nombre d'observateurs, a fait l'éloge du marché unique européen qualifié de "plus grand créateur d'emplois des dix prochaines années", dans un discours à Leicester, dans le centre de l'Angleterre.

Pragmatisme économique

L'offensive de M. Brown intervient trois jours après la décision du Parti travailliste, sentant le vent du boulet, de mettre les bouchées doubles alors que le Premier ministre David Cameron est à la peine face aux frondeurs de son parti qui veulent une sortie de l'UE.

Non seulement le camp du "Leave" mène dans les derniers sondages. Mais l'avance enregistrée par le "Remain" dans ceux réalisés au téléphone, qui lui étaient jusque-là favorables, "a pratiquement disparu", a commenté lundi le chef économiste de la banque Berenberg Holger Schmieding.

L'analyste estime encore cependant qu'au final, comme lors du référendum écossais, "le pragmatisme économique" des Britanniques devrait l'emporter, face à l'argument clé du camp du "Leave" qui est de stopper l'immigration en provenance de l'UE.

Récupération

Lundi, une nouvelle étude a été publiée par le groupe de pression anti-immigration Migration Watch, affirmant que le Royaume-Uni allait enregistrer pas moins de 250'000 entrées nettes de migrants européens pendant les 20 prochaines années.

Les partisans du Brexit ont par ailleurs été accusés d'exploiter le carnage dans une discothèque gay d'Orlando après que la campagne Leave.EU, dirigée par le parti europhobe Ukip, a tweeté: "L'extrémisme islamiste représente une vraie menace pour notre style de vie. Agissez maintenant avant qu'on ne subisse d'ici peu une atrocité comme celle d'Orlando chez nous".

Ne faisant pas dans la demi-mesure, le président du Conseil européen Donald Tusk , lui, estimé qu'un Brexit pourrait "marquer le début de la destruction de l'UE mais aussi de la civilisation occidentale", dans un entretien au quotidien allemand Bild.

sda-ats

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