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"Si tu travailles dur, tu es récompensé. Croyez-moi, je travaille très dur. Cela va venir !" Malgré ses récents déboires, Haris Seferovic croit toujours en son étoile.

Titulaire contre l'Albanie et la Roumanie lors des deux premiers matches de l'Euro, le Lucernois a galvaudé six chances en or avant d'être écarté du onze de départ dimanche à Lille contre la France. "J'ai été déçu de ne pas jouer ce match, avoue-t-il. Mais je suis content pour Breel Embolo qui a livré une belle performance. Il convient de rester positif à chaque instant dans un tel tournoi. Et je suis heureux de voir que tout le monde au sein de l'équipe conserve une telle attitude."

Le reflet d'une saison

"Ma situation n'est pas aussi dramatique que l'on peut le penser, poursuit-il. J'ai le sentiment de bien jouer. Je suis parvenu à me créer de belles occasions. Mais je ne marque pas. Je ne suis pas le seul joueur dans ce cas. Il y a d'autres grands attaquants qui sont en panne de réussite depuis le début de cet Euro. Je vis en sélection ce que j'ai pu vivre cette saison avec l'Eintracht Francfort. Ce n'est pas la rage de marquer qui me fait défaut, mais parfois une concentration défaillante et souvent un manque de réussite..."

Heureusement, sa saison à l'Eintracht s'est conclue de la plus belle des manières avec ce but inscrit en barrage à Nuremberg, un but synonyme de maintien. On le sait, le joueur qui n'a fait qu'un très court passage à Neuchâtel lors de la saison 2011/2012 - celle de la faillite provoquée par Bulat Chagaev - est l'homme des buts importants: celui du titre mondial des M17 en 2009, celui contre Chypre pour un succès crucial sur la route de la Coupe du monde au Brésil et, enfin, celui de la victoire face à l'Equateur en 2014. Si l'histoire ne bégaie pas, on le voit bien marquer dans cette seconde partie à l'Euro où chaque rencontre sera une rencontre couperet.

Haris Seferovic espère avoir regagné les faveurs de Vladimir Petkovic pour emmener l'attaque suisse samedi à Saint-Etienne dans son huitième de finale contre la Pologne. "Le coach ne nous a rien dit. Je donne tout à l'entraînement pour le convaincre", dit-il. Face à la Pologne, le Lucernois s'attend à un match "très serré". "Comme la Suisse, la Pologne a bien progressé depuis notre dernier affrontement en novembre dernier à Wroclaw, dit-il. Je ne crois pas que cet adversaire aura des secrets pour nous comme nous en aurons pour lui. On a observé la Pologne. Les Polonais nous ont observés. Maintenant, tout le monde connaît l'enjeu d'un tel match. La pression sera très grande sur nos épaules."

Un tableau de rêve

La composition du tableau de cette phase finale de l'Euro décuple la pression. On le sait, la défaite de l'Espagne mardi soir a redistribué toutes les cartes. Les Suisses se retrouvent dans une partie de tableau très favorable, comme un joueur de tennis qui ne croisera pas la route de Novak Djokovic, Andy Murray, Roger Federer et Stan Wawrinka avant la finale. "Honnêtement, il ne sert à rien de spéculer sur ce tableau avant le match de samedi, glisse Haris Seferovic. Gagnons contre la Pologne et rêvons ensuite !"

Pour faire de beaux rêves, Haris Seferovic n'a qu'à repasser le film de la Coupe du monde M17 en 2009 au Nigeria. Il est en France l'un des trois "survivants" de cette folle aventure avec Ricardo Rodriguez et Granit Xhaka. "Bien sûr, ce titre mondial reste un souvenir merveilleux, dit-il. Je me souviens que vraiment personne ne nous voyait en finale." Si Haris Seferovic et la Suisse ont le bonheur de s'imposer samedi, regarder vers la finale ne sera pas plus utopique qu'il y a six ans et demi au Nigeria.

sda-ats

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