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Il faudrait revoir la valeur limite de protection contre le rayonnement non ionisant pour moderniser plus vite le réseau de téléphonie mobile (archives).

KEYSTONE/STEFFEN SCHMIDT

(sda-ats)

Pour moderniser plus rapidement les réseaux de téléphonie mobile, il faudrait abaisser la protection contre le rayonnement non ionisant. Le National a approuvé jeudi par 96 voix contre 89 et trois abstentions une motion de commission en ce sens.

Le développement du réseau mobile est freiné en Suisse par des conditions très strictes en matière de protection contre le rayonnement non ionisant. "Avec une adaptation raisonnée des valeurs limite, le réseau pourrait être élargi et modernisé sans passer par de nouvelles constructions", a indiqué Kurt Fluri (PLR/SO).

La seule autre option serait de construire des milliers de nouvelles stations émettrices étant donné que, sur les 15'000 installations de téléphonie mobile existantes, plus de 6000 atteignent déjà aujourd'hui les valeurs limites autorisées. Le texte demande également au Conseil fédéral de simplifier les instruments d'exécution ainsi que les définitions des installations.

Surveillance du rayonnement

En réponse aux nombreuses personnes qui ont écrit aux parlementaires pour manifester leur inquiétude face aux risques pour la santé, le projet prévoit de mettre en place un système de surveillance du rayonnement non ionisant. Celui-ci pourra être financé par une partie du milliard de francs qu'a encaissé la Confédération dans le cadre de l'octroi des concessions de téléphonie mobile.

Pour le motionnaire comme pour le Conseil fédéral, aucune étude n'a encore prouvé la corrélation entre les installations émettrices pour la téléphonie mobile et le risque cancérigène. On inflige bien plus de dégâts à la tête avec son téléphone collé à l'oreille qu'en étant simplement exposé aux antennes, a rappelé M. Fluri.

Plusieurs membres Verts et UDC se sont battus en vain contre l'amendement de l'ordonnance sur les valeurs limite. "Veut-on renoncer au principe de précaution qui a guidé toute la législation suisse", a demandé Balthasar Glättli /Verts/ZH). Que dire des problèmes de fertilité du bétail paissant à proximité d'une installation. Sans parler du volumineux courrier reçu par les parlementaires de la part de personnes sensibles au rayonnement.

Ne pas tout mélanger

Pour la conseillère fédérale, le problème est souvent mélangé à d'autres sources produisant de l'électrosmog comme une ligne de train. L'Organisation mondiale de la santé a en outre démontré que seul le rayonnement à très haute fréquence pouvait éventuellement être cancérigène, ce qui n'est pas le cas des installations pour la téléphonie mobile.

Selon elle, le fait est que les quantités de données augmentent de mois en mois, ce qui rend les installations actuelles dépassées. "On veut la 4e génération, l'internet le plus rapide possible, la large bande. Pour tout cela, il faut adapter les installations", a lancé la conseillère fédérale.

Les députés ont également approuvé par 94 voix contre 90 un postulat de la commission qui demande au Conseil fédéral d'examiner dans le cadre de la loi sur l'aménagement du territoire des mesures visant à simplifier et accélérer les procédures d'octroi du permis de construire pour les antennes de téléphonie mobile.

sda-ats

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