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Outre le prix du diesel ou de l'essence, les prix à la pompe dépendent aussi des taux de change et des tarifs de la navigation sur le Rhin (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

En raison de l'accord de réduction de la production de pétrole par pays membres de l'Opep, les prix du brut sont récemment montés en flèche. Cette hausse pourrait avoir un impact sur les prix de l'essence en Suisse, mais une réduction de l'offre est incertaine.

Les pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont décidé mercredi de réduire leur production de 1,2 million de barils par jour, ce qui équivaut à un plafond de 32,5 millions de barils par jour. Le prix du brut (Brent) s'est dans la foulée apprécié d'environ 5 dollars, à plus de 53 dollars (53,06 francs).

Roland Bilang, directeur de l'Union pétrolière, relativise le développement actuel des prix du pétrole brut. Pour l'heure, la hausse évolue dans une plage normale, le niveau actuel ayant déjà été temporairement atteint en juin et en octobre. En été, les prix étaient même nettement au-dessus des 60 dollars par baril.

A plus long terme, l'Union pétrolière attend un baril compris entre 50 et 60 dollars. Une baisse des prix n'est pas non plus exclue, étant donné que certaines attentes relatives à l'accord ont déjà été prises en compte, explique M. Bilang. En outre, si les prix devaient se diriger vers les 60 dollars, la production d'huile de schiste américaine aurait alors un effet modérateur.

Scepticisme sur l'accord

La question se pose aussi de savoir si les pays non membres de l'Opep vont restreindre leur production et si oui, à quelle vitesse l'accord permettra de réduire l'offre, poursuit le directeur de l'Union pétrolière.

Erich Schwizer, expert de conseils en mobilité auprès du Touring Club Suisse (TCS), doute également de la décision de l'Opep pour réellement réduire les volumes. Aucune pénurie ne va en effet résulter de cet accord. Les pays membres du cartel doivent en outre encore apporter la preuve qu'ils vont se conformer à l'entente.

Même si les prix ont nettement grimpé mercredi, la production globale ne sera vraisemblablement pas réduite, poursuit-il. La hausse des prix est également due à la spéculation et l'humeur des marchés boursiers pourrait rapidement tourner, note en outre l'expert du TCS.

Différents facteurs

Outre le prix du diesel ou de l'essence, les taux de change (le cours du dollar) et les tarifs de la navigation sur le Rhin ont également un impact sur les prix à la pompe, explique M. Schwizer. Ceux-ci ne sont qu'indirectement dépendants du prix du pétrole.

Avant d'être commercialisé, le pétrole brut doit d'abord être raffiné. Les raffineries sont donc les plus touchées par la hausse des prix.

Selon Armin Schnellmann, directeur de la station-service Osterwalder Zurich et membre de la direction, les coûts du carburant pourraient toutefois augmenter si la tendance des prix du brut ne s'inversait pas. En raison de l'appréciation du dollar par rapport au franc et parce que les coûts de transport ont tendance à grimper, l'effet global pourrait déboucher sur un ajustement des prix à la pompe.

L'Union pétrolière confirme également que les prix du mazout, de l'essence et du diesel devraient suivre la tendance à la hausse du pétrole, aussi longtemps que le taux de change du dollar et les frais de transport resteront constants.

Cependant, la force actuelle du dollar n'a qu'un effet marginal sur les prix des produits. De plus, les importants frais de transport se sont récemment normalisés, ce qui a un effet modérateur.

sda-ats

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