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L'ONU a exprimé samedi sa profonde inquiétude face à "la détérioration de l'état de santé" de Bilal Kayed (en photo), en grève de la faim depuis 67 jours. Ce dernier a été placé en détention administrative par Israël après avoir purgé une peine de 14 ans et demi de prison.

KEYSTONE/AP/MAJDI MOHAMMED

(sda-ats)

Les autorités israéliennes ont prolongé de trois mois la détention sans procès ni inculpation d'un journaliste palestinien. Elles l'accusent d'appartenir à une "organisation terroriste", a indiqué samedi une ONG palestinienne de défense des détenus.

Omar Nazzal, cadre du Syndicat des journalistes palestiniens, avait été arrêté le 23 avril à la frontière entre la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, et la Jordanie. De là, il devait prendre l'avion pour se rendre à un Congrès de la Fédération européenne des journalistes en Bosnie.

Les Palestiniens estiment qu'il s'agit d'une atteinte supplémentaire à la liberté de la presse de la part d'Israël. Plusieurs organisations internationales ont appelé à la libération de M. Nazzal, 54 ans, qui observe depuis le 4 août une grève de la faim pour dénoncer sa détention.

Un tribunal militaire israélien l'avait placé en mai en détention administrative jusqu'au 22 août "en raison de sa participation à une organisation terroriste", avait alors précisé l'armée israélienne. Et non "pas du fait de ses actions en tant que journaliste".

Périodes indéfinies

Alors que le journaliste devait être libéré ou inculpé lundi, ses avocats ont été informés que sa détention administrative était prolongée de trois mois, rapporte le Club des prisonniers palestinien. "Nous avons été informés aujourd'hui que la détention administrative d'Omar avait été prolongée de trois mois", a également écrit sur sa page Facebook l'épouse du journaliste, Marlene Rabadi.

Contactées par l'AFP, les autorités pénitentiaires israéliennes n'ont pas répondu dans l'immédiat. Israël accuse M. Nazzal d'être impliqué dans "les activités d'un groupe terroriste (...), le Front populaire de libération" de la Palestine (FPLP), la gauche historique palestinienne.

La détention administrative - un régime extra-judiciaire hérité des lois d'urgence du mandat britannique sur la Palestine - permet à Israël de garder en détention des suspects. Et ce pour des périodes renouvelables indéfiniment et sans avoir à leur notifier d'accusation ou à fournir le dossier à leur avocat.

ONU inquiète

L'ONU a exprimé samedi sa profonde inquiétude face à "la détérioration de l'état de santé" d'un autre détenu administratif, Bilal Kayed, en grève de la faim depuis 67 jours. Ce dernier âgé de 34 ans "souffre au niveau respiratoire, rénal, a des problèmes de vue et d'audition et de forts maux de tête", avait rapporté il y a une semaine l'ONG de défense des prisonniers palestiniens Addameer.

"Il s'agit d'un cas extrême: M. Kayed a été placé en détention administrative à la date prévue de sa libération, après avoir purgé une peine de 14 ans et demi de prison", a jugé samedi le coordinateur humanitaire des Nations unies pour les Territoires palestiniens, Robert Piper.

Dix-neuf autres

Il a souligné dans sa déclaration que le nombre de personnes placées en détention administrative était actuellement à son plus haut depuis huit ans. "Je réaffirme la position de longue date de l'ONU que toutes les personnes en détention administrative - Palestiniens ou Israéliens - devraient être inculpées ou relâchées sans plus tarder", a-t-il écrit.

Selon le Syndicat des journalistes palestiniens, outre Omar Nazzal, 19 autres journalistes ou étudiants en journalisme sont détenus par Israël, dont l'un depuis plus de 20 ans.

sda-ats

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