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Vendredi devant le sanctuaire, une foule en colère haranguait les policiers de faction, les accusant de n'avoir rien fait pour protéger les lieux.

Keystone/EPA/NADEEM KHAWER

(sda-ats)

Le bilan de l'attentat suicide commis jeudi au Pakistan dans un sanctuaire de la minorité soufie et revendiqué par une branche locale du groupe Etat islamique (EI) s'est alourdi à 83 morts. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier au Pakistan depuis deux ans.

L'attaque perpétrée par un kamikaze qui s'est fait exploser parmi les fidèles s'est produite dans la ville de Sehwan Sharif (province de Sindh), dans le sud du pays, à environ 200 km de Karachi. Le temple Lal Shahbaz Qalandar, le plus vénéré par les soufis dans le pays, était bondé au moment de l'explosion.

Le premier ministre Nawaz Sharif a réitéré sa ferme intention de continuer à lutter contre les islamistes sunnites et "de maintenir l'unité et l'identité du Pakistan". Vendredi devant le sanctuaire, une foule en colère haranguait les policiers de faction, les accusant de n'avoir rien fait pour protéger les lieux.

Vaste opération

"Les forces de sécurité fédérales et provinciales et la police ont lancé avant l'aube une opération dans tout le pays et de très nombreux suspects ont été arrêtés dans différentes villes", a déclaré à l'AFP un responsable gouvernemental sous couvert d'anonymat. L'opération devrait se poursuivre dans les prochains jours, a-t-il ajouté.

Au moins 18 "terroristes" ont été tués au cours de la nuit lors d'opérations dans la province du Sindh, ont indiqué de leur côté les Rangers, forces militaires affiliées au ministère de l'Intérieur. Sept autres ont été tués dans le nord-ouest du pays, selon la police de la ville de Peshawar.

Frontière fermée

Un porte-parole de l'armée, Asif Ghafoor, a estimé que les récents attentats avaient été menés depuis des repères d'insurgés en Afghanistan et annoncé que le gouvernement de Kaboul avait été sommé d'agir à leur sujet. L'armée a en outre annoncé avoir "fermé" la longue et poreuse frontière séparant les deux pays.

L'EI, dont la présence est relativement faible mais croissante au Pakistan, a revendiqué l'attaque par le biais de l'agence de presse Amaq. Les djihadistes ont pareillement revendiqué la paternité d'autres attaques au cours des trois derniers mois, notamment celle en novembre contre un sanctuaire dans la province du Balouchistan, qui a fait 52 morts.

Tous ces événements ont choqué une population qui commençait tout juste à renouer avec un relatif sentiment de sécurité après des années de violences. "Un autre jour, une autre bombe", se désole le quotidien The Express Tribune dans son éditorial de vendredi. "L'illusion d'un Pakistan comme Etat plus sûr et pacifique a explosé en une tapisserie sanglante sur les murs, les bords de route et dans les rassemblements publics dans tout le pays".

ATS