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Les manifestantes s'insurgent contre un projet qui ne devrait plus permettre l'avortement qu'en cas de danger pour la vie de la mère.

KEYSTONE/EPA PAP/PAWEL SUPERNAK

(sda-ats)

Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans le centre de Varsovie contre une proposition de loi visant à presque totalement interdire l'avortement en Pologne où la loi en vigueur dans ce domaine est déjà une des plus restrictives de l'Union européenne.

"J'existe, je pense, je décide !", ont scandé les participants à cette "Marche pour la dignité", certains arborant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "les droits des Femmes sont des droits de l'Homme", a constaté l'AFP.

La manifestation a été organisée par le groupe "Dziewuchy Dziewuchom" ("Les femmes pour les femmes") créé sur Facebook au début de l'année et qui regroupe désormais plus de 100'000 membres.

Datant de 1993, la législation polonaise actuelle autorise l'IVG dans seulement trois cas : risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.

Cinq ans de prison

Plusieurs organisations opposées à l'avortement ont soumis au Parlement, avec le soutien de l'influente Eglise catholique et des conservateurs au pouvoir, un texte encore plus restrictif qui, s'il était voté, ne permettrait de recourir à l'avortement que pour sauver la vie de la mère. Il ferait en outre passer la peine maximale encourue par la personne qui pratique illégalement l'IVG à cinq ans de prison, contre deux actuellement.

Pour être débattue au Parlement, cette proposition doit recueillir 100'000 signatures, une collecte qui se poursuivra jusqu'à fin juin, ont dit ses initiateurs. Un sondage publié en mars a révélé que 51% des Polonais étaient au contraire pour une libéralisation de la loi actuelle.

Milliers d'avortements à l'étranger

Moins de 2000 avortements sont pratiqués de manière légale chaque année en Pologne, mais on ignore le nombre annuel des IVG clandestines dans ce pays et celui des femmes qui se rendent en Autriche, Allemagne ou Slovaquie pour une telle intervention. Les organisations de défense des droits des femmes les évaluent entre 100'000 et 150'000.

sda-ats

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