L’Expédition circumpolaire antarctique a bouclé son périple


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L'Akademik Treshnikov a jeté l'ancre dans le port du Cap dimanche après trois mois de navigation autour du Pôle Sud.

Sarah Perrin / EPFL

(sda-ats)

Le brise-glace russe Akademik Treshnikov a rallié Le Cap dimanche après trois mois de navigation dans l'océan austral. Quelque 150 chercheurs de 18 pays se sont succédé sur le bateau à l'enseigne de l'Expédition circumpolaire antarctique (ACE).

Une masse de données a été récoltée dans le cadre des 22 projets scientifiques menés à bien, ont indiqué les responsables du projet lundi devant la presse au Cap. L'ACE, lancée par le Swiss Polar Institute (SPI), avait quitté l'Afrique du Sud le 20 décembre.

Les domaines de recherche touchés vont de l'océanographie à la climatologie en passant par la biologie. L'objectif est de parvenir à une meilleure compréhension de l'Océan austral et de l'Antarctique dans le contexte du réchauffement climatique. Cette région du globe fonctionne en effet comme puits de carbone et influence la circulation des océans à l'échelle mondiale.

Cette expédition constitue une première à plusieurs égards, a souligné David Walton, responsable scientifique. "Personne n'avait, jusque-là, récolté des données sur un tour et une saison entière ni mené simultanément des travaux scientifiques terrestres, marins et atmosphériques offrant une image complète" de ces régions, a-t-il souligné, selon un communiqué de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Gratifiée d'un temps clément pour la plus grande partie du voyage, l'ACE a été qualifiée de "belle réussite" par l'entrepreneur et philanthrope Frederik Paulsen, fondateur du SPI et initiateur du projet. C'est maintenant que tout commence, a-t-il ajouté, avec l'analyse des données récoltées.

Deux ans de travail

Les scientifiques ont deux ans pour publier leurs résultats de recherche. Ensuite, ceux-ci seront mis librement à la disposition de la communauté scientifique.

Ils concerneront une large palette de problématiques, par exemple la formation des aérosols, les particules présentes dans l'air, les échanges entre océan et atmosphère ou encore les modifications chimiques de l'eau, comme la salinité ou la présence de certains métaux. L'influence des vagues sur la formation de la glace et le profil des rivages ont également été étudiés.

Des échantillons ramenés de plusieurs îles subantarctiques devraient fournir des informations sur la manière dont la flore et la faune évoluent dans ces environnements extrêmes. Des sonars ont également capté le son des grandes baleines bleues tout au long du parcours, ce qui permettra d'estimer leur population.

Des carottes de glace ont été prélevées sur des îles et sur le continent jusqu'à des profondeurs de 3000 mètres. Du phytoplancton de même a été recueilli, et l'ornithologie n'a pas été oubliée avec l'observation de divers volatiles marins. Certaines îles ont fait l'objet de modélisations 3D.

Microplastiques omniprésents

Constat moins réjouissant: l'omniprésence des microplastiques, jusque dans les endroits les plus reculés. Il s'agit principalement de fibres synthétiques provenant du lavage de vêtements, selon les chercheurs.

Ce voyage était le premier projet du SPI. Il a réuni des équipes de chercheurs suisses, mais aussi britanniques, français et australiens, notamment. Un premier bilan de l'expédition sera présenté lors d'un symposium international organisé les 11 et 12 septembre à Crans Montana (VS).

Créé en avril 2016, le SPI est un consortium d'universités suisses fondé par l'EPFL, l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, l'EPF de Zurich, l'Université de Berne et les Éditions Paulsen.

ATS

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