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L'économie helvétique n'a presque plus de marge de manoeuvre pour accroître le potentiel de la main-d'oeuvre existante, estime l'Union patronale suisse (UPS). L'organisation en appelle au monde politique pour améliorer la situation, notamment via l'emploi des seniors.

"Le vieillissement de la population et la décision populaire de limiter l'immigration placent l'économie suisse devant une tâche herculéenne", a relevé mardi à Zurich l'UPS lors d'une conférence de presse tenue avec l'association faîtière de l'industrie des machines Swissmem et le laboratoire d'idées Avenir Suisse.

"La génération du babyboom est en train de partir en retraite. Un phénomène qui fait perdre année après année un personnel dont l'économie a le plus grand besoin", a précisé Valentin Vogt, président de l'UPS. Il faut en conséquence trouver le moyen de compenser cette pénurie structurelle par des actifs supplémentaires.

Potentiel indigène presque épuisé

Ces personnes peuvent provenir du pays ou de l'étranger, selon l'UPS. La marge de manoeuvre indigène pour augmenter le "taux de participation" (autour de 70% en moyenne) au marché du travail est réduite, sachant qu'en l'état ce taux est "extraordinairement élevé, y compris chez les plus de 60 ans. Et c'est un euphémisme.

De même, la proportion de femmes actives (plus de 60%) et celle des personnes travaillant à temps partiel apparaît en Suisse nettement plus importantes que dans la quasi-totalité des autres pays européens. Le tout avec "des salaires généralement très élevés", note l'UPS.

Tous les secteurs économiques contribuent à cette efficacité, a constaté Hans Hess, président de Swissmem. "Nous prenons de nombreuses mesures pour aider nos entreprises membres à tirer le meilleur parti du potentiel indigène de main-d'œuvre."

Emploi des seniors

Dans ce contexte, les milieux patronaux, UPS en tête, soutiennent les employeurs dans leurs efforts visant à maintenir la productivité et l'emploi des seniors, soit les plus de 60 ans, des individus s'accordant parfois une préretraite. Mais les entreprises doivent souvent affronter des réglementations contraires à leurs intérêts.

L'UPS demande aussi des mesures fiscales susceptibles de supprimer les éléments dissuasifs à l'égard de l'activité professionnelle. Elle participera d'ailleurs à la prochaine Conférence nationale sur les travailleurs âgés, placée sous l'égide de la Confédération, pour défendre ces intérêts.

A cette occasion, les employeurs s'efforceront de consolider les mesures déjà arrêtées. Toutefois, ils refusent catégoriquement les nouvelles mesures telles que l’introduction d’une protection élargie contre les licenciements pour les travailleurs âgés.

Garantir la flexibilité

Une intrusion aussi lourde dans la flexibilité du marché du travail aurait un effet boomerang pour cette catégorie de travailleurs, en particulier lors de changements de postes et de nouvelles embauches. Un travail de sensibilisation est en outre engagé par l'UPS depuis plusieurs mois.

Il apparaît que nombre d’employeurs investissent dans une gestion du personnel professionnelle et indépendante de l’âge ainsi que dans des politiques d’évaluation des collaborateurs. "Quand des problèmes se posent néanmoins avec des seniors, ils sont souvent dus au style de direction ou au comportement des collaborateurs", note l'UPS.

Plus que centenaire, l'Union patronale suisse regroupe environ 80 organisations patronales régionales et nombre d'entreprises individuelles. Elle représente plus de 100'000 PME, employant près de 2 millions de travailleurs.

sda-ats

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