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Le roi Mswati III (au centre) est le dernier monarque absolu d'Afrique. Il gouverne le Swaziland depuis 1986 (archives).

KEYSTONE/EPA/SHIRAAZ MOHAMED

(sda-ats)

Les écoles du Swaziland ont rouvert mardi leurs portes pour une nouvelle année scolaire pendant laquelle, sur ordre du gouvernement, elles ne pourront plus enseigner que la seule religion chrétienne. Une décision qui fait craindre une montée de l'islamophobie.

La décision des autorités de la dernière monarchie absolue d'Afrique est tombée sans crier gare la semaine dernière, à une semaine à peine de la rentrée des classes. Dans une instruction adressée à tous les chefs d'établissements, le ministère de l'Education a ordonné la disparition pure et simple des programmes de toute référence à l'islam ou au judaïsme.

"Les autres religions ne seront simplement plus enseignées au primaire et au secondaire. Chacun sera libre d'apprendre l'histoire d'autres religions à l'université", a platement expliqué à la presse un responsable du ministère.

"Eviter la confusion"

Les autorités se sont justifiées en arguant de la nécessité "d'éviter la confusion" chez les jeunes élèves swazis. Leur décision survient après la mise en place l'an dernier d'une commission d'enquête parlementaire faisant suite à des plaintes sur l'influence des immigrés musulmans et asiatiques.

Plusieurs d'entre eux, entrées clandestinement dans ce petit pays frontalier de l'Afrique du Sud, avaient alors été expulsés. Le ministre du Commerce Jabulani Mabuza avait annoncé la préparation d'un projet de loi visant à protéger les intérêts des Swazis au détriment des étrangers.

Selon certaines études, les musulmans représentent 10% de la population du Swaziland. Publié en 2015, un rapport du département d'Etat américain sur la liberté de culte dans le monde avançait toutefois un chiffre nettement inférieur, autour de 2%. Le département américain s'inquiète également de la montée de l'intolérance envers l'islam.

Inquiétude des musulmans

Les nouvelles directives du ministère de l'Education ont suscité l'inquiétude de la communauté musulmane. "Que prévoit le gouvernement pour les enfants qui ne sont pas chrétiens ? Ils vont apprendre quelque chose à l'école et autre chose à la maison", s'est inquiété un musulman swazi.

A l'inverse, les responsables chrétiens ont applaudi la mesure. "Le christianisme est le socle sur lequel ce pays été bâti. Il contribue positivement à l'éducation morale des enfants", a souligné le président de la conférence des églises chrétiennes du pays. La liberté de culte est toutefois inscrite dans la Constitution du Swaziland, où le christianisme est la religion majoritaire.

Monarque absolu du pays, Mswati III est régulièrement épinglé par la communauté internationale et les ONG pour son train de vie dispendieux malgré la grande pauvreté de sa population, ainsi que pour ses violations répétées des droits de l'Homme.

ATS