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La Chaux-de-Fonds gardera un hôpital de soins aigus. Les citoyens ont préféré dimanche l'initiative "Pour deux hôpitaux autonomes" au contre-projet du Grand Conseil en faveur d'une concentration des soins aigus à Neuchâtel (archives).

KEYSTONE/STEFAN MEYER

(sda-ats)

Les Montagnes neuchâteloises ont gagné la bataille de la planification hospitalière. Le canton de Neuchâtel comptera toujours deux hôpitaux de soins aigus, l'un à Neuchâtel et l'autre à La Chaux-de-Fonds. C'est un revers pour le Conseil d'Etat neuchâtelois.

A l'issue d'un suspense insoutenable, la Ville de La Chaux-de-Fonds a fait pencher la balance grâce à une très forte mobilisation. Tant le contre-projet du Grand Conseil que l'initiative populaire lancée dans le Haut ont obtenu la majorité.

Mais à la question subsidiaire, l'initiative a obtenu 30'122 voix (48,22%) et le contre-projet du Grand Conseil 28'857 voix (46,2%). Ce sont donc 1265 voix qui ont fait la différence. La participation a atteint 46,6%. Mais elle a été nettement plus forte dans le Haut du canton.

Lancée par des représentants de différents partis des Montagnes neuchâteloises, l'initiative "pour deux hôpitaux sûrs, autonomes et complémentaires" a été acceptée dimanche par 32'647 voix contre 28'078. Elle demande que chacune des deux agglomérations du canton, le Littoral et les Montagnes, héberge un site de soins aigus.

Ces établissements devront offrir des urgences médico-chirurgicales 24 heures sur 24, des blocs opératoires ouverts 24 heures sur 24 et des anesthésistes disponibles en permanence. Ce projet est qualifié de raisonnable, de rassembleur et de viable par ses partisans.

L'Etat devra aussi veiller à ce que chaque établissement dispose des moyens financiers suffisants pour maintenir un budget équilibré. Le résultat du vote constitue un succès de taille pour les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle qui n'ont pas ménagé leurs efforts en faveur de l'initiative.

Pas de site unique de soins aigus

Le modèle de réorganisation spatiale de l'Hôpital neuchâtelois (HNE) dessiné par le Conseil d'Etat n'a donc pas trouvé grâce devant les citoyens lors de la question subsidiaire. L'idée de concentrer les soins aigus à Neuchâtel sur le site de Pourtalès et de construire un centre unique de réadaptation à La Chaux-de-Fonds a pourtant été acceptée par 30'418 voix contre 28'800 voix.

C'est l'HNE qui aurait financé les investissements nécessaires à cette réorganisation des missions hospitalières. Ceux-ci étaient estimés à un total de 240 millions de francs: 175 millions de francs à La Chaux-de-Fonds et 65 millions à Neuchâtel. L'Etat aurait garanti les emprunts, mais n'aurait pas investi lui-même.

Les arguments des initiants regroupés au sein du Groupe de travail interpartis des Montagnes ont convaincu une majorité des citoyens. Durant la campagne, ils ont affirmé que leur modèle était plus économique que celui du gouvernement car bâti sur des infrastructures existantes.

Les initiants reprochaient surtout au contre-projet de n'être qu'un gouffre financier sous-évaluant les coûts d'investissement pour l'agrandissement du site de Pourtalès. Quant au centre de réadaptation à La Chaux-de-Fonds, il se résumait selon eux à un établissement de gériatrie.

Revers pour le Conseil d'Etat

L'issue du scrutin hautement émotionnel constitue un sérieux revers pour les cinq ministres qui briguent un nouveau mandat lors des élections du 2 avril.

Très engagé durant cette campagne, le gouvernement n'a cessé de marteler que ce scrutin était essentiel pour l'avenir du canton et qu'il était emblématique de la devise de la législature "un canton, un espace". Les deux plus importants partis du canton, le PS et le PLR, avaient aussi apporté leur soutien à ce modèle.

Pour les autorités cantonales, la création de centres de compétences aurait constitué la meilleure option pour assurer l'avenir de l'HNE dans le contexte actuel de spécialisation de la médecine, de pénurie de personnel médical et d'exigences accrues à l'égard des hôpitaux.

Le Conseil d'Etat avait estimé que l'initiative lancée dans le Haut du canton constituait un retour un arrière et qu'il fallait dépasser les logiques identitaires et nostalgiques.

ATS