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La carte de donneur permet d'informer de son choix face à un éventuel prélèvement d'organes (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

La Suisse continue de manquer d'organes à transplanter. Davantage de Suisses devraient dire s'ils acceptent ou non d'être donneurs. Une nouvelle campagne a été lancée mardi à Berne. La carte est désormais distribuée avec un double qui sert à informer ses proches.

La Suisse connaît depuis longtemps une pénurie d'organes, a relevé le ministre de la santé Alain Berset devant la presse. Au 30 juin 2016, 1496 patients étaient en liste d'attente pour un total de 1542 organes. Parallèlement, 160 transplantations ont été opérées durant le premier semestre.

La liste d'attente, qui concernait 1074 patients en 2011, n'a fait que se rallonger depuis. Ce sont des personnes qui n'ont plus qu'un espoir, la greffe. Chaque semaine, deux individus meurent faute de transplantation, a souligné le conseiller fédéral.

L'an dernier, le Parlement a refusé de faire de chacun un donneur présumé mais a décidé de renforcer l'information au public. Le taux de donneurs en Suisse (17,4 par millions d'habitants en 2015) est plus faible qu'en Italie (23,1), en France (25,3), au Portugal (27,7) ou en Espagne (35,9). Il a baissé au premier semestre 2016. Le but est de passer à 20 en 2018.

"Dans le doute on dit non"

Si plus de 80% de la population est favorable aux dons, peu de gens prennent une décision et en informent leurs proches. Au moment du deuil, il revient à la famille de trancher, dans l'urgence et dans un moment de détresse émotionnelle.

Le taux de refus des proches à un prélèvement d'organes (une fois sur deux) est en augmentation, a précisé le président du conseil de fondation de Swisstransplant et ministre vaudois de la santé Pierre-Yves Maillard. La réponse, lorsqu'on ne connaît pas la volonté du défunt, est souvent "dans le doute, on dit non".

La nouvelle campagne, devisée à 1,65 million de francs par an et qui s'étendra sur quatre ans, vise à inciter les Suisses à se pencher sur la problématique, à en parler et prendre une décision pour ou contre un don d'organes. Elle se fera par le biais d'affiches, d'annonces dans la presse et de spots télévisés ainsi que sur Internet et les médias sociaux.

Carte de donneur

Une brochure aidera les personnes à trancher. Elle contiendra une carte de donneur qui permet de dire si l'on accepte ou non un prélèvement après son décès, de préciser éventuellement les organes concernés voire aussi de désigner une personne de confiance et de lui laisser le soin de trancher.

Chaque personne reste libre de choisir. La carte de donneur (ou une directive anticipée) permet d'exprimer sa volonté. Elle sera désormais accompagnée d'un double qui permettra d'informer les proches de ses volontés, et, ainsi, de les soulager d'un fardeau au moment du deuil.

Une carte sur smartphone est aussi développée depuis deux ans. Quelque 134'000 donneurs l'ont téléchargée et elle est identifiable par 50 hôpitaux, a précisé Pierre-Yves Maillard.

Une campagne est parallèlement menée auprès du personnel médical afin d'avoir une approche professionnelle standardisée. Les assureurs vont ainsi financer des coordinateurs locaux. Soixante-huit hôpitaux ont passé un contrat avec Swisstransplant pour un total de 3,5 millions de francs.

Tout le monde est concerné

En principe tout le monde peut donner ses organes, les seules contre-indications étant un cancer actif, une maladie à prions (Creutzfeldt-Jakob) ou une septicémie incurable. L'aspect déterminant est l'état de santé et le bon fonctionnement des organes.

Et il ne faut pas croire que seuls les jeunes sont concernés. Un donneur sur deux a plus de 60 ans et le plus âgé avait 88 ans, a commenté Alain Berset.

Un don n'est possible que si le décès a été constaté sans aucun doute possible. Les personnes décédant chez elles ne peuvent pas donner des organes car l'opération nécessite une infrastructure de soins intensifs.

Il n'est pas possible de vendre ses organes, ni d'en désigner les récipiendaires. Les proches du défunt ne sont pas informés de l'identité du bénéficiaire du don.

sda-ats

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