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Le discours de Theresa May marque ainsi une vraie rupture, lançant le pays sur la route d'un Brexit "dur".

KEYSTONE/AP POOL/KIRSTY WIGGLESWORTH

(sda-ats)

Le Brexit signifie la sortie du marché unique, a annoncé mardi la Première ministre britannique. Theresa May a défendu une rupture "claire et nette" avec l'Union européenne (UE) pour retrouver le contrôle de l'immigration.

Le discours de Theresa May, très attendu après des mois à manier le flou, a été salué par les eurosceptiques. Il a immédiatement fait remonter la livre Sterling, qui avait plongé par anticipation la veille.

"Le Royaume-Uni ne peut pas continuer à faire partie du marché unique", a affirmé Mme May en dévoilant ses priorités pour les négociations à venir.

Alors qu'elle a prévu de déclencher la procédure de divorce d'ici la fin mars, prélude à deux ans de discussions, elle a également annoncé qu'elle soumettrait l'accord final au vote du Parlement britannique comme le réclamaient nombre de députés.

Un "départ ordonné" est un "pré-requis" pour la future relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, a estimé à l'issue du discours le négociateur de la Commission européenne, le Français Michel Barnier.

Pas un statut de membre partiel

Pour Mme May, un maintien dans le marché unique de 500 millions de consommateurs est incompatible avec la priorité numéro un de Londres: la maîtrise de l'immigration. "Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant, mais le message du peuple a été très clair: le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d'Européens qui viennent au Royaume-Uni", a-t-elle souligné, sans entrer dans les détails.

Lors du référendum du 23 juin 2016, 52% des Britanniques avaient voté pour une sortie de l'UE et beaucoup ont cité l'immigration comme principale motivation.

"Nous voulons un nouveau partenariat équitable (...) pas un statut de membre partiel ou associé de l'UE, qui nous laisserait à moitié dedans ou à moitié dehors", a insisté Mme May, plaidant également pour un "nouvel accord" sur l'union douanière.

Mme May a toutefois dit qu'elle chercherait "à obtenir le plus grand accès possible" au marché unique, alors que 44% des exportations britanniques sont allées vers l'UE en 2015. Mais la Grande-Bretagne va devenir "un pays qui regarde aussi au-delà des frontières de l'Europe", a-t-elle ajouté, vantant le projet d'une "grande nation marchande à l'échelle mondiale".

Et afin d'éviter "un changement trop brutal", la conservatrice a prôné "une mise en oeuvre par étapes" d'un accord avec l'UE à l'issue des négociations de sortie.

Le beurre et l'argent du beurre

Après des mois d'incertitudes sur ses intentions, le discours de Theresa May mardi marque ainsi une vraie rupture, lançant le pays sur la route d'un Brexit "dur".

Et la Première ministre risque de se heurter à l'intransigeance des autres leaders européens, la chancelière allemande Angela Merkel en tête, qui refusent une "Europe à la carte".

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn s'est d'ailleurs inquiété à l'issue du discours de sa compatriote: "Elle dit 'quittons le marché unique' et dans le même temps, elle dit vouloir avoir accès au marché unique. Je ne sais pas comment cela va être reçu en Europe. Elle semble vouloir à la fois le beurre et l'argent du beurre."

ATS