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L'auteur de manga japonais Jirô Taniguchi a été influencé par la bande dessinée européenne et était proche de la Nouvelle Manga (archives)

Casterman

(sda-ats)

Le célèbre maître japonais de bande dessinée Jirô Taniguchi est décédé, a indiqué samedi son éditeur français Casterman. C'est l'un des mangakas les plus connus au monde. Il est notamment l'auteur de "Quartier lointain" et "Le Journal de mon père". Il avait 69 ans.

Révélé à la fin des années 1980 avec "Au temps de Botchan" puis, une dizaine d'années plus tard, avec "Le Gourmet Solitaire", Jirô Taniguchi suivait des soins médicaux difficiles ces dernières semaines, selon son entourage.

Rendu célèbre aussi pour d'autres oeuvres comme "L'Homme qui marche", ce maître du manga promenait le lecteur dans l'intimité des quartiers japonais et dans des histoires humaines et apaisantes, non sans rappeler le cinéma de son compatriote Yasujiro Ozu. Il avait son atelier dans une banlieue Ouest de Tokyo.

Celui dont les influences graphiques étaient plutôt européennes, en la personne par exemple de Jean Giraud (Moebius) avec lequel il publia "Icare", a séduit de nombreux lecteurs dans le monde.

Retrospective à Angoulême

En 2015, le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, dans le sud-ouest de la France, lui avait rendu hommage avec une large rétrospective. A ce moment-là, l'ensemble de ses titres publiés en français par Casterman s'étaient vendus à plus d'un million d'exemplaires, selon cette maison d'édition.

Douze ans auparavant, Jirô Taniguchi s'était vu décerner le prix du meilleur scénario à Angoulême, pour le premier tome de "Quartier lointain", son oeuvre la plus connue. Couronné de nombreux prix, véritable passeur entre le manga et la bande dessinée occidentale, il a bâti une oeuvre foisonnante et humaniste dont la variété de tons et de genres est exceptionnelle.

En 2011, il avait été décoré Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres par le ministre français de la Culture de l'époque, Frédéric Mitterrand.

"Moments infimes"

"Si j'ai envie de raconter des petits riens de la vie quotidienne, c'est parce que j'attache de l'importance à l'expression des balancements, des incertitudes que les gens vivent au quotidien, de leurs sentiments profonds dans les relations avec les autres", confiait-il volontiers.

"Dans la vie quotidienne, on ne voit pas souvent des gens hurler ou pleurer en se roulant par terre. Si mes mangas ont quelque chose d'asiatique, c'est peut-être parce que je m'attache à rendre au plus près la réalité quotidienne des sentiments des personnages. Si on y pénètre en profondeur, une histoire peut apparaître même dans les plus petits et les plus banals événements du quotidien. C'est à partir de ces moments infimes que je crée mes mangas", disait-il.

Né en août 1947 à Tottori, au Japon, dans une famille très modeste, Jirô Taniguchi avait débuté dans la BD en 1970 avec "Un été desséché".

Très marqué par le tsunami meurtrier et l'accident nucléaire de Fukushima survenus en 2011, il avait confié à l'AFP, dans son petit atelier au milieu d'un monceau de livres, avoir failli renoncer à son métier, ne voyant plus, au milieu d'un tel désastre, quelle pouvait être l'utilité de son travail. "Ce sont les lecteurs, des Français notamment, qui m'ont incité à continuer", assurait-il alors.

ATS