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La tension restait palpable vendredi à Libreville

KEYSTONE/AP/JOEL BOUOPDA

(sda-ats)

Le Gabon était toujours sous haute tension vendredi après la mort de deux civils à Libreville. Des pénuries de nourriture menacent la population. Le pouvoir refuse tout nouveau décompte des voix après la réélection contestée du président sortant Ali Bongo Ondimba.

Deux hommes d'une trentaine d'années sont morts dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier de Nzeng Ayong, le plus grand de Libreville, où les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se poursuivaient.

Un étudiant a succombé des suites d'une blessure par balles à l'abdomen. L'autre victime a aussi été tuée par balles jeudi soir dans ce même quartier. Son corps a été emmené vers la morgue par un véhicule de l'armée après avoir été porté sur un brancard de fortune par des habitants en colère, enveloppé dans le drapeau du Gabon.

Par ailleurs, entre 800 et plus d'un millier de personnes ont été interpellées dans le pays, ont indiqué les autorités gabonaises.

Opposants retenus

Toujours à Libreville, 27 opposants, dont un ancien vice-président et deux anciens ministres, étaient toujours retenus par les forces de sécurité au quartier général de Jean Ping, le rival malheureux d'Ali Bongo à l'élection présidentielle du week-end dernier.

Les "27" ont lancé, par l'entremise de leur avocat en France, un appel à la communauté internationale dénonçant "leurs conditions de séquestration" et "le hold-up électoral" commis par le régime. Vendredi soir, la France a demandé leur remise en liberté.

Le porte-parole du gouvernement gabonais a demandé à Jean Ping "d'appeler ses partisans à l'apaisement" pour "ramener la sérénité". Selon lui, les heurts de ces derniers jours ont fait 3 blessés parmi les forces de l'ordre et "entre 3 et 5 morts" parmi les manifestants.

Paris entre en scène

Les autorités françaises ont fait savoir pour leur part qu'elles étaient "en contact avec toutes les parties" afin de "trouver une solution rapide" à la crise politique au Gabon. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a dit s'inquiéter du "risque humanitaire" qui menace les membres de l'opposition.

Concernant le vote lui-même, la France a réitéré son appel à "utiliser toutes les voies de recours prévues par la loi en vue d'un examen transparent et impartial des résultats de l'élection présidentielle pour que la volonté populaire soit respectée."

Heurts en province

Les troubles ont également touché plusieurs villes de province, notamment dans le nord près du Cameroun, où la situation est "particulièrement tendue", selon une source sécuritaire. A Oyem, principale ville du nord du Gabon, "un policier a été blessé à la tête par un tir de fusil de chasse", selon cette source qui a précisé que "le pronostic vital de ce policier était engagé".

A Bitam, autre ville du nord, "des postes de contrôle de gendarmerie à l'entrée de la ville sont tenus par les habitants qui ont chassé les gendarmes", selon un député de la ville. "Ils attendent que Jean Ping "prenne la parole, ainsi qu'un nouveau décompte des voix", a précisé le député qui a fait état de pillages et de voitures brûlées.

A Port-Gentil enfin, la capitale économique du pays, la situation était là aussi "tendue mais sous contrôle", selon cette source.

Disette en vue

Une pénurie de pain menace Libreville et les autres villes du pays, tout comme celle de produits frais, les transports étant paralysés. Une situation aggravée par les pillages massifs de commerces.

sda-ats

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