Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Basuki Tjahaja Purnama, gouverneur sortant de Jakarta, est arrivé légèrement en tête des élections du jour (archives).

KEYSTONE/AP/DITA ALANGKARA

(sda-ats)

Le gouverneur chrétien de Jakarta, jugé pour insulte à l'islam et candidat à sa réélection mercredi en Indonésie, est arrivé légèrement en tête. Il devra affronter un candidat musulman lors d'un second tour qui s'annonce difficile pour lui.

Cette élection est un test pour la tolérance religieuse dans le plus grand pays musulman du monde. Elle intervient à l'issue d'une campagne tendue, marquée par de vives critiques contre le gouverneur sortant, Basuki Tjahaja Purnama, issu d'une double minorité, chrétienne et chinoise.

M. Purnama, surnommé Ahok, recueillerait 43-44%, devant l'ancien ministre de l'Education, Anies Baswedan, crédité de 39%, et Agus Yudhoyono (16-17%), selon de premières estimations réalisées à partir du comptage de bulletins de vote par des instituts de sondage.

Les résultats officiels ne seront publiés qu'à la fin mars, mais ces estimations sont habituellement fiables. Elles donnent une claire indication sur l'issue du second tour, le 19 avril, qui devrait profiter au candidat musulman.

Gouverneur populaire

Ahok sera opposé à l'ex-ministre de l'Education, qui devrait bénéficier d'un bon report de voix du troisième candidat, lui aussi musulman, selon l'analyste Tobias Basuki. Il estime qu'une victoire du gouverneur chrétien relèverait d'un "miracle".

Premier gouverneur non musulman depuis un demi-siècle et premier issu de la minorité chinoise, Ahok avait accédé automatiquement aux fonctions de gouverneur en 2014, après l'élection à la présidence de son prédécesseur Joko Widodo, surnommé Jokowi, dont il était alors l'adjoint.

Cet homme de 50 ans est devenu un gouverneur populaire à la faveur de sa détermination à lutter contre la corruption, très répandue dans la fonction publique, et à entreprendre des réformes dans la métropole engorgée et désorganisée.

Longtemps favori des sondages, Ahok a dégringolé dans les intentions de vote depuis l'affaire de blasphème qui a éclaté fin 2016 et provoqué des manifestations ayant réuni des centaines de milliers de participants dans la capitale. Ils étaient encore plus de 100'000 samedi à la grande mosquée de Jakarta, pour appeler à voter en faveur d'un candidat musulman mercredi.

Election suivie

Une centaine d'élections locales ont eu lieu mercredi dans l'archipel d'Asie du Sud-Est, mais tous les regards étaient tournés vers Jakarta et son gouverneur sortant, en position délicate depuis ses déclarations sur l'islam en septembre dernier lors de la campagne.

Connu pour son franc-parler, Ahok avait déclaré que l'interprétation par certains oulémas (théologiens musulmans) d'un verset du Coran selon lequel un musulman ne doit élire qu'un dirigeant musulman était erronée. Ces déclarations mises en ligne avaient provoqué de vives réactions d'islamistes conservateurs dans ce pays de 255 millions d'habitants, dont près de 90% sont de confession musulmane.

ATS