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Depuis 2010, le négoce se consolide. L'affrètement, composante gérée à plus de 20% depuis Genève, paie toutefois un lourd tribut, notamment les compagnies maritimes en surcapacité (archives).

KEYSTONE/AAP IMAGE/JULIAN SMITH

(sda-ats)

Malgré des prévisions conjoncturelles "pas terribles" pour 2017, l'activité de négoce en Suisse "s'adaptera". Le secteur fait face à la réglementation grandissante mais ne devrait pas être trop touché par l'initiative contre l'immigration de masse.

Certes, le "développement des échanges internationaux impacte" le négoce, volatil, qui organise les chaînes d'approvisionnement, explique dans un entretien à l'ats le secrétaire général de l'Association suisse du négoce et du transport maritime (STSA) Stéphane Graber. Et "les perspectives ne sont pas terribles" pour le commerce mondial en 2017.

Depuis 2010, le négoce se consolide. L'affrètement, composante gérée à plus de 20% depuis Genève, paie toutefois un lourd tribut, notamment les compagnies maritimes en surcapacité. En Suisse, ces entreprises "résistent" et leur nombre pourrait même augmenter si une taxe au tonnage venait à être lancée.

Problème important pour le secteur, les coûts et l'attention à la réglementation grandissante ne sont pas "négligeables", dit M. Graber. Rien que l'adoption des nouvelles règles financières peut représenter jusqu'à 3 millions de francs pour une grande société de négoce. En Suisse, 2017 est l'année de l'entrée en vigueur de plusieurs mesures.

Météorologues dans le secteur

Des obligations d'atténuation des risques financiers ont été lancées début janvier pour les grandes entreprises et seront instaurées dès juillet pour les PME, environ 90% du secteur. Suivront des contraintes de rapport pour l'utilisation des instruments financiers dérivés dès septembre pour les grands et janvier 2018 pour les petites entreprises.

Les grands groupes actifs dans le négoce doivent souvent être en conformité avec plus de 80 autorités différentes, même s'ils ont un fort ancrage en Europe. Ce poids réglementaire s'ajoute à un environnement concurrentiel important, notamment pour Genève, avec Singapour, Londres, les Pays-Bas ou Dubaï. La réforme sur l'imposition des entreprises (RIE III) "modérée", à 13,49% à Genève, aura son importance.

En raison notamment du franc fort, plusieurs groupes ont délocalisé certaines fonctions d'appui. Ce type de réaménagement devrait se poursuivre, selon M. Graber. Mais la place genevoise dispose d'une "expertise unique", populaire notamment auprès des marchés émergents. La STSA veut étendre cet élément.

Employés suisses

En revanche, l'initiative contre l'immigration de masse ne devrait pas marquer un frein important, affirme le secrétaire général. Le vice-président de la STSA Nicolas Tamari avait dit il y a quelques mois que le secteur avait besoin de flexibilité.

La majorité des employés du secteur "sont suisses ou avec un permis C", comme le relève M. Graber. Mais la question se pose pour des personnes qui viennent se former en Suisse pendant quelques années avant de poursuivre leur activité à l'étranger.

Pas d'effet important non plus du Brexit à court terme malgré l'instabilité. La politique commerciale et de relance de Donald Trump à la présidence américaine devront être analysées.

Longtemps considéré comme opaque, le négoce souhaite davantage interagir avec l'opinion publique avec l'arrivée des nouvelles technologies.

Clients et Etat importants

"Il faut laisser du temps au temps" mais le secteur commence à s'adapter, dit M. Graber. Et d'ajouter que la population ne réalise pas toujours que pour chaque produit qu'elle consomme, un négociant est intervenu.

Le secteur a été le premier en Suisse à s'engager sur l'application des principes de l'ONU sur les entreprises et les droits de l'homme. Un document suisse est attendu en 2017 sur cette question.

Trafigura, sortie de la STSA, publie un rapport sur ses paiements aux gouvernements. D'autres sont encore réticents. L'Association et ses membres participent aux travaux pour des standards sur la transparence des paiements dans le négoce, dans le cadre de l'Initiative pour la transparence de l'industrie extractive (EITI).

Pour autant, la possibilité pour ces entreprises d'appliquer des principes durables dépend tout autant des consommateurs et des Etats, insiste M. Graber.

Revenant sur les accusations contre Trafigura sur l'utilisation de carburant à haute teneur en soufre en Afrique, il affirme que ce secteur est fortement subventionné. Le jour où les Etats seront d'accord de payer le surcoût d'un carburant amélioré, la situation changera. "L'Europe a mis 20 ans" pour abolir ce type de carburant, dit M. Graber. Et le coût a atteint plus de 100 milliards de francs.

ATS