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Le premier ministre tunisien Habib Essid était sous pression depuis que le président souhaitait un cabinet d'union nationale.

KEYSTONE/EPA/STR

(sda-ats)

Une écrasante majorité du Parlement tunisien a retiré samedi soir sa confiance au gouvernement de Habib Essid. L'exécutif était sous pression depuis que le président Béji Caïd Essebsi a souhaité un cabinet d'union nationale il y a deux mois.

Comme prévu, les députés ont majoritairement désavoué le gouvernement, 118 votant contre, 3 pour et 27 s'abstenant. Le vote ouvre la voie à la formation d'un nouvel exécutif. Formé il y a un an et demi et remanié en janvier, l'actuel cabinet est accusé d'inefficacité alors que le pays traverse une période sensible.

Si la Tunisie a réussi sa transition politique après la révolution de 2011, son économie est en crise. Le pays a également été visé par plusieurs attaques djihadistes sanglantes.

M. Essid, un indépendant, n'avait pas été informé de l'initiative d'un gouvernement d'union par le chef de l'Etat. Il a d'abord dit être prêt à démissionner si l'intérêt du pays l'exigeait. Il a ensuite annoncé qu'il ne partirait que si le Parlement lui retirait sa confiance.

Exposer les choses

A l'ouverture de la session, le premier ministre s'est fermement défendu et a tancé les partis politiques en les accusant de "faire mine d'oublier" les progrès réalisés selon lui contre le terrorisme et la cherté de la vie, ainsi que l'élaboration d'un plan quinquennal.

"Je suis tout à fait conscient que le vote sera contre moi (...). Je ne suis pas venu pour obtenir les 109 voix (nécessaires au maintien du cabinet). Je suis venu exposer les choses au peuple et aux députés", a-t-il encore lancé.

Applaudi à plusieurs reprises pendant son discours, il a de nouveau évoqué des pressions pour le pousser à démissionner et dénoncé une manoeuvre pour se débarrasser de lui.

"Le but (de l'initiative) est devenu de changer le chef du gouvernement", a-t-il dit, assurant que certains étaient venus le voir en disant: "Tu n'as toujours pas démissionné? Allez, facilite-nous les choses. On a besoin du poste".

Ses proches ont attribué, sous le couvert de l'anonymat, ces pressions au camp du fils du chef de l'Etat, Hafedh Caïd Essebsi, un dirigeant de Nidaa Tounès. Ce parti fondé par le président a remporté les législatives de 2014 avant d'imploser et de perdre la première place au Parlement au profit des islamistes d'Ennahda.

sda-ats

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