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La France est en finale de l'Euro 2016 ! Portés par un Antoine Griezmann lumineux auteur d'un doublé, les Bleus ont terrassé l'Allemagne 2-0 et seront dimanche au rendez-vous fixé par le Portugal.

Evidemment, entre l'Islande et l'Allemagne, le saut qualitatif est monumental. Alors, après dix premières minutes décoiffantes qui leur ont permis de mettre les champions du monde dans leurs petits souliers et qui auraient dû voir Griezmann mieux conclure un magnifique mouvement avec Blaise Matuidi (6e), les Français ont petit à petit été repoussés. Jusqu'à devoir, à leur tour mais beaucoup plus longtemps, faire le dos rond.

Mais il a sans cesse manqué quelque chose dans le jeu de la Mannschaft, amputé de son premier relanceur (Hummels/suspendu), du stabilisateur de son entrejeu (Khedira/blessé) et de son point de fixation devant (Gomez/blessé). Presque rien, un ou deux centimètres par-ci par là, un ou deux dixièmes dans telle ou telle course, un ou deux pourcents de conviction en plus dans le dernier geste. Presque rien, mais tellement, au final.

On retiendra surtout de la première période un arrêt très difficile de Hugo Lloris sur une tentative d'Emre Can (14e), une claquette du portier des Bleus sur une frappe d'un Bastian Schweinsteiger déclaré apte au service (26e) et une intervention salvatrice devant Thomas Müller de Samuel Umtiti - maintenu dans l'axe au détriment d'Adil Rami - à la 32e.

L'Allemagne avait laissé passer sa chance, la France ne commettra pas la même erreur. La sélection de Didier Deschamps, si Olivier Giroud avait fait ce qu'il fallait sur une longue chevauchée, aurait pu ouvrir le score à la 42e. Elle n'a cependant eu à attendre que cinq minutes supplémentaires et une faute de main dans sa surface de Schweinsteiger dans un duel avec Paul Pogba.

Curieuse manière de défendre pour un homme aussi expérimenté que le Mancunien qui venait de devenir le recordman allemand du nombre de matches dans les grands tournois (38e)... Des considérations qui n'ont pas du tout traversé l'esprit de Griezmann, impeccable dans l'exécution de son penalty (45e+2) et dans l'implication qui lui a permis de marquer le 2-0 (72e). Un doublé synonyme, pour lui, de cinquième et sixième réalisations dans cet Euro et, pour la France, de droit d'entrée au Stade de France - vous savez, LE Stade de France de 1998... - ce dimanche 10 juillet.

La physionomie de la seconde période avait épousé trait pour trait celle de la première. L'Allemagne a dominé mais sans le mordant ni la justesse suffisants pour revenir. La France a subi et s'est signalée dans le jeu de contre. Et Griezmann, par son raffinement technique, a régalé les 64 078 spectateurs d'un Vélodrome qui porte décidément chance aux Bleus.

C'était déjà là, en effet, que les Français de Michel Platini avaient sorti le Portugal en prolongation de la demi-finale de l'Euro 1984. C'était encore là, mais après rénovation complète de l'enceinte, que ceux de Zinédine Zidane avaient lancé leur campagne mondiale contre l'Afrique du Sud en 1998.

Et ce fut là, jeudi soir devant ces nouvelles tribunes coiffées d'un toit, que l'équipe d'Antoine Griezmann s'est offert un voyage pour l'histoire et l'attaquant de l'Atletico Madrid le droit de postuler au Ballon d'Or. Car dimanche, en plus du titre européen, le Mâconnais et Cristiano Ronaldo se disputeront également l'estrade de la Kongresshaus de Zurich en janvier prochain.

sda-ats

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