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Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson (2e depuis la gauche) et son homologue russe Sergueï Lavrov (2e depuis la droite) se sont rencontrés en marge du sommet du G20 à Bonn.

KEYSTONE/AP AFP Pool/BRENDAN SMIALOWSKI

(sda-ats)

Les Etats-Unis ont offert jeudi à la Russie de coopérer si cela sert leurs intérêts. Ils lui ont également demandé de respecter l'accord de paix de Minsk en Ukraine, alors que Moscou s'impatiente à l'égard de l'administration Trump.

Washington "envisagera de coopérer avec la Russie lorsque nous pourrons trouver des domaines de coopération pratique qui serviront les intérêts du peuple américain", a dit le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, après une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov, la première depuis son entrée en fonction.

"Lorsque nous ne serons pas d'accord, les Etats-Unis défendront leurs intérêts et leurs valeurs et ceux de leurs alliés", a-t-il ajouté en marge d'une réunion avec ses homologues du G20 à Bonn.

Respect des accords de Minsk

M. Tillerson a aussi demandé à Moscou de "respecter les accords de Minsk et de contribuer à la désescalade de la violence en Ukraine". Pour tenter de mettre fin à ce conflit qui a fait près de 10'000 morts depuis avril 2014, l'accord de paix signé en 2015 appelait notamment à un "cessez-le-feu immédiat et total" et au retrait rapide des armes lourdes de la ligne de front.

Le document a permis l'instauration de plusieurs cessez-le-feu, mais les regains de violence sont fréquents. Mercredi, le médiateur de l'OSCE a toutefois annoncé que les belligérants ont accepté de retirer leurs armes lourdes d'ici le 20 février.

Cette semaine, le porte-parole du président Donald Trump avait déjà demandé à la Russie de rendre la Crimée annexée à l'Ukraine pour espérer une levée des sanctions américaines. Une prise de position vécue comme une douche froide à Moscou.

Lavrov veut "aller de l'avant"

Jeudi, M. Lavrov s'est borné à dire que les deux pays devaient pouvoir "aller de l'avant" quand leurs intérêts coïncident - ce qui est selon lui "souvent le cas". Il a précisé ne pas avoir discuté avec M. Tillerson des sanctions décrétées par Washington en 2014 contre Moscou, qu'il a qualifiées d'"anomalie". Sujet pourtant prioritaire pour la Russie.

M. Tillerson effectue au G20 son premier déplacement à l'étranger et ses premières déclarations étaient très attendues après une série de signaux contradictoires envoyés par l'administration Trump. Le nouveau président américain a d'abord promis un rapprochement avec Moscou, mais son équipe s'est montrée par la suite plus réservée.

Londres salue la "clarté" de Tillerson

Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a approuvé "l'approche duale" de Washington à l'égard de Moscou, après s'être entretenu avec son homologue américain.

"Nous ne voulons pas entrer dans une nouvelle guerre froide, c'est un point sur lequel Londres et Washington sont totalement d'accord. Mais nous ne voulons pas pour autant que l'attitude russe reste ce qu'elle est, Rex Tillerson s'est montré très clair sur ce point", a-t-il dit à la BBC.

Nervosité russe

Moscou paraît de son côté pressé de voir le réchauffement qu'il espère avec Washington se concrétiser, après des années de relations glaciales. Le président Vladimir Poutine a appelé jeudi au "rétablissement du dialogue" entre les services de renseignement russes et américain pour la lutte antiterroriste.

Mais en parallèle, le secrétaire américain à la Défense James Mattis a prévenu à Bruxelles qu'il n'envisageait pas "maintenant" de collaborer avec Moscou au plan militaire, tout en assurant que son pays chercherait des terrains d'"entente" avec la Russie.

"La question avec la Russie, c'est qu'ils doivent se conformer au droit international comme on l'attend de toute nation raisonnable sur cette planète", a-t-il ajouté.

La nervosité grandit du coup en Russie. La Russie et les Etats-Unis "perdent du temps" au lieu de normaliser leurs relations, a ainsi déploré jeudi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a aussi haussé le ton en prévenant que toute tentative américaine de dialogue avec la Russie "fondée sur un rapport de force" mènerait à l'échec.

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ATS