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Les forces fédérales sont entrées mardi dans plusieurs quartiers de Qaraqosh, située à quelque 15 km au sud-est de Mossoul. Mais les djihadistes demeurent encore présents dans cette ville où resteraient très peu de civils, voire aucun.

KEYSTONE/AP/KHALID MOHAMMED

(sda-ats)

Les forces gouvernementales irakiennes se préparaient mercredi à reprendre au groupe Etat islamique (EI) la plus grande ville chrétienne d'Irak, Qaraqosh. Cette prise constituerait une importante avancée dans le cadre de leur offensive sur Mossoul.

Les forces fédérales sont entrées mardi dans plusieurs quartiers de Qaraqosh, située à quelque 15 km au sud-est de Mossoul. Mais les djihadistes demeurent encore présents dans cette ville où resteraient très peu de civils, voire aucun.

Qaraqosh comptait quelque 50'000 habitants en 2014. Comme d'autres villes chrétiennes, elle a été prise durant l'été 2014 par l'EI dans la province septentrionale de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu. L'offensive avait alors provoqué un énorme exode de la minorité chrétienne, la plupart des déplacés se réfugiant au Kurdistan.

Mardi soir à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan, située à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Mossoul, des chrétiens qui avaient dû fuir l'offensive de l'EI en 2014 ont dansé et chanté pour fêter l'entrée des troupes à Qaraqosh.

"Aujourd'hui est un jour heureux. Il ne fait aucun doute que notre terre va être libérée", a déclaré Hazem Djedjou Cardomi, un journaliste parmi un groupe de fidèles faisant la fête. Au total, moins de 350'000 chrétiens seraient encore présents en Irak.

Bataille "difficile"

L'offensive sur Mossoul, la plus importante menée par les forces de Bagdad depuis longtemps, a donné lieu à des avancées rapides en deux jours. Les forces irakiennes reçoivent l'appui clé de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis qui, outre son aviation, a des militaires sur le terrain pour les conseiller. Mais le président américain Barak Obama, à l'instar d'autres leaders occidentaux, a prédit une bataille "difficile".

Les milices chiites des Forces de mobilisation populaire (FMP) ont annoncé de leur côté qu'elles soutiendraient l'offensive sur Mossoul. Cette décision renforce le risque d'un affrontement confessionnel.

ONU et ONG inquiètes

Avant d'atteindre les abords directs de Mossoul où seraient retranchés entre 3000 et 4500 djihadistes, voire davantage, les forces irakiennes doivent traverser des territoires contrôlés par l'EI autour de la cité.

Elles avancent sur deux axes: depuis Qayyarah, ville située à environ 70 km au sud de Mossoul, et depuis Khazir à l'est. Des commandants irakiens ont fait état de la reprise de plusieurs villages. Mercredi, les forces irakiennes atteignaient le village de Bajwaniyah, à quelque 30 km au sud de Mossoul.

Le sort des habitants de Mossoul et des localités proches inquiète l'ONU et les ONG. Environ 200'000 personnes pourraient être déplacées "dans les deux premières semaines", un chiffre susceptible d'augmenter de façon significative au fur et à mesure de l'avancée de l'offensive, selon l'ONU. Jusqu'à présent, seules quelques dizaines de familles ont pu fuir la ville depuis le début de l'opération.

sda-ats

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