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Méta-Harmonie II de Jean Tinguely, réalisée en 1979 pour une exposition à Francfort. L'artiste considérait les sons comme des matériaux artistiques. Le machine appartient aujourd'hui à la fondation Emanuel Hoffmann.

Keystone/DANIEL SPEHR

(sda-ats)

Vingt-cinq ans après la mort de Jean Tinguely, ses machines musicales lui rendent hommage. Les quatre Méta-Harmonies sont au coeur d'une exposition au Musée Tinguely de Bâle où elles dialoguent à haute voix avec les oeuvres d'autres artistes.

Sur les quatre sculptures réalisées entre 1978 et 1985, une se trouvait à Vienne et une autre à Karuizawa, au Japon. Pour les réunir à Bâle, il a donc fallu transporter cette dernière par bateau, un voyage de huit semaines. Dès mercredi, les oeuvres seront présentées en résonance avec celles d'autres artistes et musiciens.

La musique harmonique n'était pas ce que visait Jean Tinguely avec ses machines musicales. Il utilisait les sons comme matériel artistique, expliquait mardi en conférence de presse Annja Müller-Alsbach, co-curatrice de l'exposition. Le spectacle à la fois visuel et acoustique sonne au hasard, tout en suivant une régularité mécanique construite. De la méta-musique.

Les Méta-Harmonies, toutes du même format, rassemblent dans une structure-cadre métallique des instruments de musique mais aussi des objets du quotidien comme ces caquelons à fondue ou des nains de jardin, qui interagissent mécaniquement pour produire des sons.

Dialogue acoustique entre les oeuvres

Les machines plus anciennes produisent des sons plus mélodieux, tandis que les plus tardives privilégient les percussions. A l'occasion de l'exposition, elles fonctionnent à tour de rôle pendant quatre minutes. Une fois par heure, elles jouent ensemble.

Plusieurs artistes suisses et étrangers se produiront dans le cadre de la manifestation qui dure jusqu'au 22 janvier 2017. L'artiste bernois Zimoun a ainsi monté une installation murale de onze mètres qui remplit l'espace avec des bruissements rythmés et vibrants.

Une machine musicale interactive apportée de New York et produisant cent bruits différents est également au programme, tout comme une installation de Thom Lutz qui produit de la musique au hasard avec des ballons d'hélium. Parmi les invités figurent également les classes de percussions et d'improvisation du Conservatoire de Bâle.

sda-ats

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