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PharmaSuisse, dont on voit ici le logo, a transmis la circulaire de fedpol à ses membres. L'association avait participé à la table ronde de septembre dernier (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Les pharmaciens ont reçu ces dernières semaines une circulaire de fedpol les invitant à signaler d'éventuelles personnes suspectes achetant des produits pouvant servir à fabriquer des explosifs. Une base légale permettant une surveillance accrue est en préparation.

Porte-parole de fedpol, Cathy Maret a confirmé à l'ats cette information du Matin Dimanche et de la SonntagsZeitung. L'Office fédéral de police (fedpol) invite les pharmaciens à se montrer vigilants et à dénoncer tout "comportement bizarre" d'un client.

Le texte liste quinze produits chimiques utilisés dans la vie quotidienne et pouvant servir à la fabrication d'explosifs. En cas de soupçons, les apothicaires ne doivent surtout prendre aucun risque, mais noter mentalement le plus de détails possible sur ces clients ou "mettre en marche la caméra de surveillance".

Solvants, désinfectants, désherbants

Une hotline a été mise en place par fedpol le 1er septembre dernier, de même qu'une adresse électronique, et plusieurs cas signalés ont déclenché des vérifications. Aucune annonce n'a toutefois établi de liens avec le terrorisme pour l'heure.

Diverses substances comme des solvants pour vernis à ongles, désinfectants, décolorants pour cheveux, acides, désherbants ou engrais peuvent servir à fabriquer de redoutables explosifs.

Les ceintures explosives des auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris étaient constituées de peroxyde d'acétone, un explosif artisanal obtenu en mélangeant de l'acétone, de l'eau oxygénée et un acide (sulfurique, chlorhydrique ou nitrique).

Base légale en cours d'élaboration

Début septembre dernier, fedpol avait rencontré autour d'une table ronde les principaux acteurs des branches utilisant de tels produits - drogueries, pharmacies ou hypermarchés de bricolage - afin d'en limiter l'accès. En Suisse, à l'heure actuelle, ces substances se trouvent en vente libre et le risque que des criminels s'y approvisionnent est réel, selon l'office.

Dans l'Union européenne en effet, le problème a déjà été traité en 2014. Une réglementation prévoit trois mesures possibles pour la vente aux particuliers. La première permet l'interdiction de la vente, la deuxième demande un permis et la troisième prévoit l'enregistrement de la transaction.

Début décembre, le Conseil fédéral a chargé le Département de justice et police de lui soumettre un projet de nouvelle loi d'ici fin 2017. Une réglementation à trois vitesses est également envisagée, précise Cathy Maret, entre besoin d'autorisation pour certains produits, obligation d'annonce pour d'autres ou enregistrement de la transaction.

Cette réglementation ne doit s'appliquer qu'aux personnes privées. Les professionnels comme les paysans ne seraient pas concernés. Le gouvernement ne veut pas aller aussi loin que l'UE, où la dénonciation des cas douteux est obligatoire.

ATS