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Alors que des attaques ont ensanglanté entre autres Paris et Bruxelles, les Suisses souhaiteraient, selon un sondage, que davantage de moyens soient utilisés pour lutter contre le terrorisme, quitte à restreindre certaines libertés (archives).

KEYSTONE/AP/PETER DEJONG

(sda-ats)

La lutte contre le terrorisme doit être renforcée, par exemple via la collecte de données. Alors que les Suisses doivent voter cet automne sur la loi sur le renseignement, un sondage publié vendredi souligne un fort souci à l'égard de la sécurité internationale.

La Suisse se prononceront le 25 septembre sur la nouvelle loi sur le renseignement qui offre un nouvel arsenal de mesures pour lutter contre le terrorisme. En dernier recours, les agents fédéraux pourront surveiller des communications (courrier, téléphone, courriel), observer des faits dans des lieux privés, si nécessaire en installant des micros, ou perquisitionner secrètement des systèmes informatiques et y installer des "chevaux de Troie".

Selon une enquête menée par l'institut Link en janvier pour le compte de l'Académie militaire de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, la population soutient largement la collecte de données sur des personnes suspectes. 87% y sont favorables, soit 7% de plus qu'en 2012. La même proportion souhaite un renforcement de la lutte contre le terrorisme.

Et, pour deux personnes interrogées sur trois, ces moyens doivent être mis en oeuvre même si les libertés individuelles doivent être restreintes. L'engagement de l'armée en appui de la police et le renforcement des forces de l'ordre sont également plébiscités.

62% des sondés préconisent, à titre de mesure de prévention, l'arrêt et l'incarcération de toute personne soupçonnée. L'augmentation de la présence de la police dans les zones résidentielles et les environs des villes ainsi que la vidéosurveillance dans des espaces et les transports publics sont soutenus par sept Suisses sur dix.

Bonne image de la police

Mais cet appui est en recul. Idem du renforcement des contrôles d'accès aux bâtiments publics que seuls 41% approuvent. Pour les Suisses, la lutte contre le terrorisme passe avant celle contre les extrémismes de droite et de gauche.

L'image de la police s'est en outre améliorée avec une note de 7,9 sur 10. Suivent les tribunaux (7,3), le Conseil fédéral (7), l'économie (6,8), l'armée (6,7) et le Parlement (6,5). Les partis politiques (5,3) et les médias (5,1) arrivent en queue de peloton, ces derniers voyant même la confiance en eux reculer par rapport aux dernières années.

Insécurité

Ces résultats sont à mettre en parallèle avec un renforcement du sentiment d'insécurité. Les Suisses qui se déclarent pessimistes face à l'évolution de la situation internationale ont nettement augmenté (+20%) depuis l'an dernier: ils sont désormais 74%.

La menace terroriste, la crise en Ukraine et la crise des réfugiés peuvent expliquer cette inquiétude, selon le chef de projet Thomas Ferst. Le tableau est meilleur pour la Suisse, mais là aussi, le sentiment s'est détérioré: 86% (-5%) des sondés indiquent se sentir en sécurité et 75% (-4%) sont confiants en l'avenir immédiat du pays.

L'image de l'armée reste positive: 84% sont convaincus de sa nécessité (un record inégalé depuis 2003), 57 % soutiennent le principe de milice et 48% jugent juste le montant actuel des dépenses militaires.

Le maintien de la neutralité est souhaité par 95% des sondés. L'idée de rallier l'OTAN ou l'Union européenne reste très nettement minoritaire (22% et 16%) et elle est même en recul. Quatre Suisses sur cinq sont toutefois en faveur d'une coopération économique avec l'UE.

sda-ats

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