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En devenant la première dirigeante étrangère reçue dans le Bureau ovale par le nouveau président républicain, Theresa May (ici à son arrivée aux Etats-Unis jeudi soir) a réussi un coup diplomatique.

KEYSTONE/FR159526 AP/JOSE LUIS MAGANA

(sda-ats)

À peine installé à la Maison Blanche, Donald Trump reçoit vendredi la Première ministre britannique Theresa May. Les deux dirigeants parleront commerce et tenteront de donner une impulsion différente à "la relation spéciale" entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

En devenant la première dirigeante étrangère reçue dans le Bureau ovale par le nouveau président américain républicain,Theresa May réussit un coup diplomatique. Mais elle sait aussi que ses faits et gestes seront scrutés à la loupe.

Les autres alliés des Etats-Unis s'interrogent sur l'attitude à adopter face au nouveau président américain arrivé au pouvoir avec comme slogan en bandoulière: "L'Amérique d'abord". Comme l'a montré l'entrée en matière, tendue et chaotique, de l'administration Trump avec le voisin mexicain autour du projet d'un mur à la frontière, la diplomatie américaine entre dans une ère plutôt imprévisible.

"Parfois, les contraires s'attirent", a confié, dans une étonnante formule, Theresa May, fille de pasteur réservée, évoquant sa future rencontre avec l'exubérant et imprévisible homme d'affaires septuagénaire. Les deux dirigeants s'exprimeront lors d'une conférence de presse commune à 13h00 (19h00 suisses).

"Discuter, mais pas négocier"

La décision de Mme May de se rendre à Washington une semaine après la prestation de serment du magnat de l'immobilier a suscité une controverse au Royaume-Uni. Les propos de ce dernier sur les musulmans, les femmes ou encore l'usage de la torture y ont du mal à passer.

Le Royaume-Uni espère que les discussions sur un futur accord commercial avec Washington démarrent rapidement, mais sa marge de manoeuvre reste limitée tant que le divorce avec l'Union européenne n'est pas prononcé. Londres peut "discuter" d'un éventuel accord de libre-échange avec un pays tiers, mais pas négocier tant qu'il reste membre de l'UE, lui a fermement rappelé la Commission européenne.

"Je n'ai pas encore de secrétaire au Commerce", a souligné jeudi Donald Trump dénonçant l'obstruction de ses adversaires démocrates qui retardent la confirmation par le Sénat de son candidat, Wilbur Ross. "Ils veulent parler échanges, alors je m'en occuperai moi-même, ce n'est pas un problème", a-t-il ajouté, amusé.

Rendez-vous avec les médias

La conférence de presse dans les salons de la Maison Blanche sera, en elle-même, un rendez-vous de taille pour le nouveau président. Grand adepte de Twitter qu'il utilise quotidiennement, Donald Trump ne s'est plié à l'exercice qu'une seule fois au cours des six derniers mois, et jamais encore depuis son investiture.

Le 11 janvier, dans le lobby à la Trump Tower de New York, il s'en était pris avec virulence aux médias. Plus récemment il a accusé par avance les mêmes médias de ne pas vouloir couvrir la "marche pour la vie" des militants anti-avortement à Washington. Les participants entendent faire une démonstration de force de ce défilé qui démarrera vendredi tout près de la Maison Blanche, où sera reçue Theresa May.

ATS