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Barack Obama et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon participent tous les deux à leur dernière Assemblée générale de l'ONU.

KEYSTONE/AP/CAROLYN KASTER

(sda-ats)

Barack Obama a mis en garde mardi, lors de son ultime discours à l'ONU, contre la montée en puissance du populisme. Il a appelé à prendre en compte les frustrations dont il se nourrit et à ne pas succomber à "un capitalisme sans âme".

Dans son discours, le président américain, qui quittera la Maison Blanche dans quatre mois, a dénoncé la tentation du repli. Il a multiplié, sans jamais le citer, les allusions au républicain Donald Trump qui espère lui succéder.

"Aujourd'hui, un pays qui serait entouré de murs ne ferait que s'emprisonner lui-même", a-t-il lancé, en référence à celui que le milliardaire a promis de construire le long de la frontière mexicaine.

Une pique pour Poutine

Très attendu sur le conflit syrien, sur lequel il fait l'objet de vives critiques, le président américain s'est borné à réaffirmer qu'il n'existait pas de solution militaire et appelé à poursuivre "le difficile travail de la diplomatie".

Il a réservé une pique à son homologue russe Vladimir Poutine, dénonçant l'attitude d'un pays "qui tente de retrouver sa gloire passée grâce à la force". "Sur la durée, cela diminuera son rang dans le monde", a-t-il prédit.

"Un quart de siècle après la fin de la guerre froide, le monde est, à de nombreux égards, moins violent et plus prospère que jamais", a-t-il lancé. "Et pourtant, nos sociétés sont marquées par l'incertitude, le malaise et les affrontements".

"C'est le paradoxe qui définit notre monde", a-t-il poursuivi, évoquant une profonde perte de confiance dans les institutions.

"Populisme grossier"

M. Obama a également évoqué la montée en puissance à travers le monde d'un "populisme grossier", venu parfois de l'extrême gauche mais "le plus souvent" de l'extrême droite.

A ses yeux, cette tendance ne doit pas être sous-estimée: trop de frustrations et d'injustices, en particulier économiques, ont trop longtemps été ignorées, a-t-il martelé. "Un monde dans lequel 1% de l'humanité concentre autant de richesses que les 99% restants ne sera jamais stable".

Vantant une nouvelle fois les vertus de la diplomatie, exemples de Cuba et de la Birmanie à l'appui, il a reconnu que les résultats pouvaient parfois sembler maigres face aux "conflits brutaux" qui jettent des milliers de réfugiés sur les routes.

Agir pour les réfugiés

C'est sur ce thème qu'il s'est montré le plus pugnace, jugeant que de nombreux pays riches ne faisaient pas assez. "Nous devons aller de l'avant, même quand c'est difficile d'un point de vue politique", a-t-il lancé, évoquant ces hommes et ces femmes contraints d'abandonner tout ce qu'ils connaissent et tout ce qu'ils aiment.

M. Obama a par ailleurs exhorté les pays signataires de l'accord de Paris sur le climat à le mettre en oeuvre dès que possible pour ne pas laisser ces questions aux générations suivantes. Sans action "vigoureuse", "nous aurons à payer le prix de migrations massives, de villes submergées, de personnes déplacées, de réserves alimentaires qui fondent et de conflits générés par le désespoir".

Appels de Ban Ki-moon

Un peu plus tôt, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait lui aussi demandé aux pays membres de l'ONU de faire en sorte que l'accord de Paris entre en vigueur "dès cette année".

Pour y parvenir, il suffit que 26 pays supplémentaires, représentant juste 15% des émissions nocives de gaz à effet de serre, ratifient le texte, a ajouté le diplomate sud-coréen, qui quitte lui aussi son poste à la fin de l'année après dix ans à la tête de l'organisation.

"Dix années perdues pour la paix" au Proche-Orient, a-t-il dit, dénonçant la colonisation israélienne "illégale" et "les divisions inter-palestiniennes". "La perspective d'une solution à deux Etats s'éloigne chaque jour davantage. C'est de la folie", a-t-il lancé.

Il a aussi fustigé "les dirigeants qui réécrivent les constitutions, manipulent les élections pour s'accrocher désespérément au pouvoir", une allusion implicite à certains dirigeants africains. Ceux-ci "doivent comprendre que les postes de responsabilité politique leur sont octroyés par le peuple et ne leur appartiennent pas".

sda-ats

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