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Les commissions de gestion du Parlement jugent la décision de Guy Parmelin incompréhensible tant du point de vue factuel que politique.

KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

(sda-ats)

Guy Parmelin n'aurait pas dû suspendre si vite le projet de défense sol-air. Dans un rapport publié vendredi, les commissions de gestion du Parlement jugent la décision du ministre de la défense incompréhensible tant du point de vue factuel que politique.

Les parlementaires ne sont toutefois pas tous si sévères. Le rapport, qui a déjà fait l'objet d'une discussion controversée fin décembre, n'a été adopté que par 11 voix contre 9 par la commission du National et par 9 voix contre 1 par celle du Conseil des Etats.

Selon la majorité, le conseiller fédéral aurait dû attendre septembre 2016 et les résultats de l'évaluation. En tranchant le 22 mars, Guy Parmelin "n'a pas cherché à stopper une évolution incontrôlable des coûts mais il a plutôt empêché l'instauration de la transparence des coûts".

Selon le rapport, aucun chiffre définitif n'est encore disponible. Les responsables du projet tablaient sur une facture entre 700 millions et 1,1 milliard de francs. La suspension a coûté quelque 20 millions.

Sans concertation

Un des principaux griefs fait à Guy Parmelin est d'avoir agi sans consulter au préalable les responsables du dossier. Or, même si ces derniers ont informé le ministre de manière trop peu active, le projet a été mené dans les règles et des informations sur son avancement sont parvenues en permanence au Secrétariat général du Département fédéral de la défense (DDPS).

Les commissions invitent donc le chef du DDPS à associer désormais ses subordonnés à ses décisions d'une certaine portée politique et à instaurer une culture de communication ouverte. Le Conseil fédéral est quant à lui appelé à reprendre et achever rapidement l'évaluation du projet de même qu'à présenter le plus vite possible des informations fondées sur son contenu et ses coûts.

Le gouvernement devrait aussi édicter des directives afin d'éviter des prises de décisions hâtives et coûteuses. Guy Parmelin s'est à ce stade contenté de prendre acte du rapport. Il ne se prononcera que lorsque le Conseil fédéral se sera penché sur le rapport des commissions.

Critiques dans la presse

Le projet de défense sol-air vise à remplacer les équipements vieillissants de l'armée suisse. L'achat, avancé après le refus de l'achat de l'avion de combat Gripen, était prévu dans le programme d'armement 2017. Guy Parmelin a gelé les travaux pour disposer d'une vue d'ensemble de la défense aérienne, notamment l'évaluation d'un nouvel avion de combat.

A l'époque, plusieurs médias ont fait état d'incohérences. La "Zentralschweiz am Sonntag" a tiré la sonnette d'alarme le 14 février 2016 et le ministre de la défense devait participer à l'émission "Rundschau" le 23 mars.

Approche combinée

Sous les feux de la critique: la décision du 19 janvier de poursuivre l'évaluation en combinant deux systèmes évalués. L'un présentait des problèmes liés à la météo, l'autre à la portée de tir, mais les défauts et qualités devraient se compenser. Or la veille, le ministre de la défense avait demandé qu'aucune décision de fond ne soit prise sans qu'il soit consulté.

Guy Parmelin s'est fait présenter le projet le 2 février par le commandant des Forces aériennes Aldo Schellenberg et Gregor von Rotz. Selon lui, il n'a pas été informé de la décision du 19 janvier, ce que contestent les responsables du projet.

Les commissions notent que la décision figurait sur l'affiche utilisée lors de la présentation. Et le conseiller fédéral n'a rien entrepris ni ordonné pour recevoir plus d'informations. La défense sol-air était déjà dans sa ligne de mire peu de temps après son entrée en fonction le 1er janvier 2106.

Manque de confiance

Les commissions n'ont pas réussi à savoir exactement sur quoi se fondait son manque de confiance envers les responsables de projet, qu'elles jugent infondé. Elles s'en prennent parallèlement à son chef de la communication Urs Wiedmer. Quant à la secrétaire générale du DDPS Nathalie Falcone-Goumaz, elle aurait impérativement dû être associée au processus.

Si les articles des médias ont renforcé les doutes de Guy Parmelin, celui-ci aurait dû vérifier si les critiques étaient justifiées. Et, comme le projet était "de toute évidence sur la bonne voie", réagir.

D'autres pressions expliqueraient la décision du ministre, comme la polémique sur la modernisation des véhicules de transports Duro.

Les commissions notent en outre que le projet suspendu était contesté au sein des Forces aériennes. "Il existait un camp en leur sein qui voulait faire échec au renouvellement de la défense sol-air au profit de l'acquisition de nouveaux avions de combat, le cas échéant à l'aide d'indiscrétions".

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ATS