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Cap sur la Croatie pour Pascal Jaussi et Swiss Space Systems (archives).

Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

La société Swiss Space Systems Holding SA (S3), dont la faillite a été prononcée lundi, veut rebondir en Croatie. Son patron Pascal Jaussi annonce un projet de reprise de l'entreprise par sa filiale croate et revient sur les zones d'ombre qui entourent la saga de S3.

"Le but est de faire reprendre Swiss Space Systems Holding SA par sa filiale croate et de payer ses dettes. Les activités de ZéroG et le Spaceport de Payerne seront donc maintenues. Et les sociétés concernées ne sont nullement en faillite", assure le patron de S3 dans une interview publiée par Le Matin Dimanche.

Interrogé sur l'argent dont dispose sa filiale croate, Pascal Jaussi relève qu'il "s'agit de fonds privés et d'appui gouvernemental très puissants. En Croatie, le projet est national".

Quant à la confiance qu'on lui accorde dans ce pays alors que sa société est surendettée en Suisse, "ils savent que cette faillite a lieu car le tribunal ne nous a pas laissé le temps de capitaliser notre société", répond-il.

Abandonné des sponsors

Questionné sur les 30 millions qui devaient être amenés sur la table pour sauver S3, le patron concède des difficultés: "c'est vrai que nous avons rencontré des problèmes pour disposer de cet argent: plus des bruits couraient autour de la société, plus les investisseurs se braquaient".

"Les histoires de blanchiment nous ont fait un tort incroyable. Les sponsors ne sont pas revenus. La perte financière est au moins le double de nos dettes!", tient-il à préciser.

Le plus grand secret

Pascal Jaussi dit assumer être le seul répondant de sa société. "Les relations que j'ai en Russie, en Chine et aux Etats-Unis m'imposent le plus grand secret, ce sont des relations de personne à personne. On me fait confiance, on me transmet des documents qui ne sont que pour mes yeux. Je ne peux pas les partager. C'est le prix à payer pour travailler avec les trois grandes puissances".

Concernant les mises en garde contre Amin Forti qui a fourni la garantie bancaire de 30 millions, Pascal Jaussi relève là aussi qu'il assume. "Monsieur Forati est un homme influent au Moyen Orient et en Iran. Pour l'instant, on ne m'a pas fourni de preuves qu'il menait des affaires douteuses".

Quid de l'agression?

Quant à son agression d'août 2016 qu'il aurait montée lui-même, ces hypothèses le "blessent profondément". Elle "a eu lieu quatre jours après une audience d'où nous sommes sortis persuadés que nous obtiendrions l'ajournement de faillite. Je n'avais aucune raison d'être désespéré. Nous l'avions obtenu jusqu'en mars 2017, ce qui laissait le temps à la recapitalisation. Monter ça tout seul, dans quel but?" relève-t-il.

Pascal Jaussi dit avoir toujours informé ses collaborateurs. "Nous avons organisé pas moins de 31 séances pour expliquer au personnel l'évolution de notre situation financière. Nous avons toujours répété que les employés étaient libres de partir".

Navette et minisatellites

Basée à Payerne (VD), la société S3 a été créée en 2013, avec pour objectif de lancer des minisatellites à partir d'une navette partant d'un avion et d'organiser des vols en apesanteur. Dès 2015, elle a été en proie à des difficultés financières.

Le 14 décembre, le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois avait déclaré la faillite de la société aérospatiale qui fait l'objet de nombreuses poursuites dépassant les 7 millions de francs. S3 a fait recours dans un premier temps avant de renoncer. La mise en faillite définitive a été prononcée lundi dernier.

ATS