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Les soldats démobilisés se seraient emparés d'armes dans des postes de police et se seraient déployés sur les différents accès menant à Bouaké (photo prétexte/archives).

KEYSTONE/AP/Rebecca Blackwell

(sda-ats)

Un mouvement de protestation de militaires a éclaté vendredi à Bouaké, capitale de l'ex-rébellion armée en Côte d'Ivoire. Le conflit s'est étendu à la mi-journée aux villes de Daloa et Daoukro, dans le centre, et Korhogo, dans le nord.

Des tirs à l'arme lourde ont résonné toute la matinée à Bouaké, deuxième ville de Côte d'Ivoire. Les militaires mutins y ont pris le contrôle, après avoir attaqué des commissariats de police, a constaté un correspondant de l'AFP.

"C'est une mutinerie des ex-combattants intégrés dans l'armée qui réclament des primes de 5 millions FCFA (7600 euros), plus une maison chacun", a expliqué un officier sous couvert d'anonymat.

"Nous réclamons non pas 5 millions de FCFA mais plutôt 10 millions chacun, plus une villa (...) Le cas échéant, nous ne regagnerons pas les casernes", a assuré pour sa part un soldat.

Barricades au centre-ville

"Dans la nuit du 5 au 6 janvier, aux environs de 0h30, un groupe de militaires a fait irruption à l'état-major de la 3e région militaire (de Bouaké) en faisant usage d'armes à feu", a déclaré le ministre de la Défense, Alain-Richard Donwahi, dans un communiqué lu à la télévision nationale vendredi à la mi-journée.

Selon lui, les revendications de ces soldats portent notamment sur le paiement de primes, les augmentations de salaires et une promotion plus rapide entre les grades. Vendredi dans la matinée, le gouvernement a réuni un Comité national de crise, selon une source proche du ministère de la Défense.

A Bouaké, les soldats ont "cassé la poudrière du camp du 3e bataillon" le plus important de la ville, "c'est de là qu'ils ont sorti les lance-roquettes et d'autres armes montées sur des pickups", a expliqué un officier.

"C'est vers 03h00 du matin que des militaires sont arrivés au commissariat du 1er arrondissement situé au quartier Sokoura, où ils ont désarmé les policiers présents et emporté des kalachnikov", a indiqué un responsable de la police locale sous couvert d'anonymat.

Les militaires ont attaqué la préfecture de police et les sept commissariats de Bouaké et dressé des barricades au centre-ville, coupant toute circulation, a constaté le correspondant de l'AFP.

Des soldats ont pris position à divers carrefours stratégiques de la ville et d'autres sillonnaient la ville à moto ou dans des colonnes de véhicules qu'ils ont pris à la police.

Fief de l'ex-président touché

Ecoles et commerces étaient tous fermés à Bouaké, ancienne capitale de la rébellion qui contrôlait le nord du pays lorsqu'il était coupé en deux entre 2002 et 2011. Cette rébellion était favorable à l'actuel président Alassane Ouattara, alors que le sud du pays était tenu par les forces loyales à l'ex-président Laurent Gbagbo.

A Daloa, grande ville du centre-ouest, "des militaires à moto sillonnent la ville en tirant en l'air", a raconté un habitant. "Ça tire, on a peur, on est caché dans la maison", a expliqué d'une voix tremblante un autre habitant.

A Korhogo, un militaire a indiqué que "le mouvement de révolte est observé dans cette ville. Des rues ont été occupées par les soldats". En début d'après-midi, la contestation a également gagné Daoukro (centre-est), fief de l'ex-président Henri Konan Bédié et grand allié du président Ouattara.

En novembre 2014, une vague de protestation de soldats était partie de Bouaké pour s'étendre à Abidjan, la capitale économique, et d'autres villes du pays. Le président Ouattara s'était engagé fin novembre 2014 à verser des arriérés de soldes.

Ces nouveaux heurts interviennent moins de trois semaines après les élections législatives du 18 décembre, considérées comme un pas de plus franchi sur la voie d'une normalisation après la grave crise politique et armée de 2002-2011.

ATS